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DIABÈTE, l’ÉPIDÉMIE DU XXIe SIÈCLE

23/08/2014

 

Toutes les 7 secondes, une personne meurt du diabète dans le monde, c’est plus que le sida et la malaria réuni. La maladie explose, en Guadeloupe comme ailleurs, et représente un fardeau sanitaire et financier de plus en plus pesant. On estime aujourd’hui à près de 4 millions le nombre de diabétiques en France, dont près d’un demi-million dans l’ignorance de la maladie. Environ 400 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque jour et d’ici 15 ans, cette pathologie pourrait concerner un français sur dix. 347 millions de personnes souffrent de diabète aujourd’hui dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui anticipe qu’en 2030, cette maladie sera devenue la septième cause de mortalité. Il s’agit dans 90% des cas, du diabète dit de ‘‘type 2’’ qui est celui du vieillissement, de l’abondance et de la sédentarité car il touche surtout les populations vieillissantes, en surpoids, peu actives, alors que celui de type 1 ‘‘inné’’ apparaît chez les enfants et les jeunes adultes. 

 

Cette maladie chronique qui cause 30 000 décès chaque année est caractérisée par un excès de sucre dans le sang. Le diabète est la première cause d’amputation hors accidents avec 8 000 cas par an et la première cause de cécité avant 65 ans en France. « La maladie insidieuse », « l’ennemi sournois » sont deux des nombreux surnoms que l’on donne au diabète. A juste titre, puisque ce n’est généralement pas le diabète qui tue mais ses complications. Au fil du temps, la maladie affecte le cœur, les vaisseaux sanguins, les yeux, les reins et les nerfs du malade. Maladie aux conséquences mortelles, le diabète l’est assurément.

 

Pandémie serait certainement le terme le plus approprié quand on évoque la prévalence du diabète à l’échelle planétaire. Cette progression est comparable à celle observée pour bon nombre de maladies chroniques – obésité, maladies cardiovasculaires, cancers et maladie respiratoires – qui sont les sources essentielles de morbidités et de mortalités précoces, avec un impact économique considérable sur les individus, les familles et le pays. La crise économique a des effets délétères sur les patients diabétiques selon un sondage IFOP-Janssen1. Ainsi, 31 % des personnes interrogées considèrent que leur situation financière actuelle ne leur permet pas de se soigner à chaque fois que nécessaire. De plus, 83 % des sondés considèrent que leur situation financière influence également leur capacité à avoir une alimentation saine et 64 % à pratiquer une activité physique régulière. Pourtant, « équilibre alimentaire et activité physique régulière sont, avec les traitements médicamenteux, les piliers du bon suivi du diabète, souligne Pierre-Albert Lefebvre, président de l’AFD. En touchant plus particulièrement les personnes atteintes de diabète, la crise économique impacte leur qualité de vie et leur observance des traitements ».

Combattre l’épidémie du diabète et de ses conséquences revient à utiliser les mêmes armes que celles visant à prévenir l’obésité, les maladies cardiovasculaires, le cancer et le vieillissement précoce. Les mesures « coût-efficaces » sont bien connues, et les cibles de populations à risque parfaitement définies sur une base scientifique et épidémiologique largement étudiée. L’échec des politiques de santé est jusqu’ici patent dans le domaine de la prévention des maladies chroniques. Les actions en ce domaine ne sont pas aisées, car elles touchent aux comportements individuels, à la personnalité et à l’environnement socio-économique et culturel. Cependant, rien ne sera possible sans une politique de santé qui s’attaque aux racines de ces maladies : il s’agit de prendre des mesures résolument incitatrices d’une production, d’une distribution et d’une consommation alimentaires moins toxiques. Il convient encore de cibler les populations et familles à risque, génétiquement prédisposées mais aussi particulièrement vulnérables en raison de leur bas niveau socio-éducatif, et donc fortement exposées à des comportements alimentaires et à une sédentarité délétère pour leur santé. L’engagement dans la lutte contre le tabac, la réduction de la consommation de sel, de matières grasses et de sucre rapides, l’incitation à consommation de fruits et légumes et la promotion d’exercice physique doivent faire l’objet de mesures concertées et adaptées à la problématique de ces populations dont les priorités sont souvent ailleurs. L’infléchissement des comportements actuels aurait un rapport coût/efficacité plus favorable que les médications qui ne peuvent d’ailleurs agir pleinement sans le suivi de ces recommandations.

 

La forte prévalence du diabète en fait une maladie onéreuse pour la collectivité. En France, la Sécurité sociale consacre des sommes de plus en plus colossales pour le traitement du diabète avec 16 milliards d’euros dépensés en 2013 contre 12.5 milliards en 2007. Alors que le diabète recrute beaucoup dans les couches pauvres de la société, la Sécurité sociale prend officiellement en charge 100% de la maladie dans le cadre de son dispositif ‘‘affection de longue durée’’.

 

Le diabète est un problème de santé publique en ce sens qu’il appelle une réaction à une situation d’épidémie pour tenter de la juguler, pour améliorer sa prise en charge, pour faciliter la vie quotidienne des malades et pour en contenir les dépenses de santé. Les pouvoirs publics ont réagi assez tardivement à cette épidémie alors que la transition épidémiologique à la fin du XXe siècle était largement commentée et annoncées. La Guadeloupe au même titre que la Métropole doivent-ils se résoudre à subir le fléau du diabète et de ses conséquences humaines et financières? Pourtant, négliger le développement des maladies chroniques revient à hypothéquer l’essor humain et économique futur.

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