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LES "SANS-DENTS" DE LA RÉPUBLIQUE

01/07/2015

 

 

"Dans deux semaines, il se peut que je n'aie plus de toit au-dessus de ma tête. C'est très difficile pour moi depuis quelques années. Je ne sais pas comment je vais faire. J'ai 4 enfants qui vivent en Métropole, ils sont tout ce que j'ai de plus cher. Je me bats encore, car je n'ai qu'un souhait : les rejoindre..."

Précillia, 29 ans.

 

Dans son livre Merci pour ce moment, Valérie Trierweiler affirme que François Hollande utilise la formule « sans-dents » pour qualifier les « pauvres ». « Il s’est présenté comme l’homme qui n’aime pas les riches. En réalité, le Président n’aime pas les pauvres. Lui, l’homme de gauche, dit en privé ‘‘les sans-dents’’, très fier de son trait d’humour », écrit la journaliste. Cette expression qui passe mal, renvoie à une dure réalité : une part importante de Français doit renoncer à tout soin dentaire par manque d’argent. Ce n’est guère étonnant, mais plus que jamais d’actualité : l’accès aux soins buccodentaires dépend du niveau de revenu, au point que les plus pauvres sont le plus souvent obligés de s’en passer. Et dans 50 % des cas, le motif de ce renoncement est le coût de la consultation. Résultat : pour les plus pauvres, l’expression « sans-dents » prend malheureusement tout son sens. L’ONG  Médecins du Monde a par exemple estimé que les patients recourant à ses centres d’accueil comptent en moyenne 5,3 dents manquantes. Une proportion qui grimpe à huit dents pour ceux âgés de 40 à 59 ans.

 

Au regard de l’indicateur le plus communément employé, la pauvreté monétaire relative (définie comme la part des individus vivant avec moins de 1 000 euros par mois), 8,5 millions des Français sont pauvres  soit 14 %. Il n’y a jamais eu autant de pauvres en France depuis 1997 vivants avec moins de 964 euros par mois. Il y a la pauvreté visible, celle qu’on croise au coin de la rue. Les SDF, les personnes qui dorment dans leur voiture ou fouillent les poubelles. Et il y a la précarité moins ostensible de ceux qui ne peuvent pas survivre sans l’aide alimentaire, qui doivent choisir entre manger et se soigner… Dans son dernier rapport, le Secours catholique révèle que ceux qui poussent chaque jour ses portes touchent en moyenne 515 euros par mois. 

 

Oubliés de bien des études nationales, les départements d’outre-mer sont pourtant confrontés à des difficultés économiques et sociales majeures. Les inégalités qui règnent sont beaucoup plus importantes que sur le reste du territoire national. La pauvreté est plus répandue dans les DOM qu’en métropole : 6 % des ménages de métropole sont considérés comme pauvres, mais 12,5 % de ceux de la Guadeloupe, 12 % de ceux de la Martinique et 20,7 % de ceux de Guyane. Les différences sont plus marquées quand on mesure la pauvreté des enfants: 16 % des enfants guadeloupéens, 13 % des enfants martiniquais et 32 % des enfants guyanais vivent en dessous du seuil de pauvreté contre 8% en France métropolitaine. Le nombre de bénéficiaires de minima sociaux représente un moyen d’approcher les réalités de la pauvreté. Aujourd’hui, la pauvreté est étroitement liée à l’absence d’emploi. Le taux de pauvreté en Guadeloupe est nettement plus élevé (12,5 %) qu’en France (6,5 %)

Les Français n’ont pas besoin de statistiques officielles, données en plus avec deux ans de retard, pour constater ce qu’ils voient chaque jour dans la rue : les gens qui ramassent les fruits et les légumes abandonnés à la fin des marchés, les hommes qui dorment dans les entrées d’immeubles, qui font la manche à la sortie des magasins d’alimentation, les enfants qui prennent un seul repas consistant par jour, celui de la cantine. Un comble dans une nation aussi riche que la nôtre, qui connait malgré tout 400 000 pauvres de plus chaque année.

 

crédit photo : Cédrick Isham Calvados

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