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LA VIE CHÈRE, UN ENJEU MAJEUR DE SOCIÉTÉ

 

La consommation de biens et de services marchands dans une économie libérale moderne renvoie peu ou proue à la question monétaire. La monnaie, unité de compte, réserve de change et moyen de paiement constitue un instrument fondamental de fonctionnement des économies actuelles ainsi que de l’internationalisation croissante de l’économie. A l’échelle de l’Union Européenne, la volonté d’intégration économique subordonnée à la libre circulation des personnes, des marchandises, des capitaux et d’installation des entreprises facilite l’interpénétration des marchés domestiques parachevée par la consécration de l’euro, monnaie ayant un effet libératoire. L’euro, qui sur le plan subliminal donne une certaine épaisseur à l’identité d’une Europe unie a d’abord pour objectif d’éliminer les coûts de change tout en cherchant à réduire l’inflation, autrement dit la hausse généralisée des prix. L’accès à des biens et à des services, à des prix le plus bas possible, est un des buts cardinaux assignés à l’euro pour conférer une dose de compétitivité maximale à l’économie européenne, à tout le moins à cette zone comprenant des pays de l’Union qui ont abandonné leur monnaie  nationale au profit de l’euro (l’Euroland). La France est à l’époque, candidate à cette évolution majeure, et est reçue. La Guadeloupe, département-région juridiquement intégré à la République est non seulement témoin, mais aussi acteur de cette transformation de haute taille. 

 

Si la communication politique a consisté avant l’adoption de la monnaie européenne à convaincre les peuples de la nécessité d’une monnaie nouvelle pour améliorer de manière générale la condition économique du consommateur, du salarié, de l’épargnant, on aboutit à un état de promesses d’une situation meilleure qui n’est jusqu’à présent pas consommée. Le coût de la vie a particulièrement augmenté ces dernières années sans que la politique monétaire européenne ne soit en mesure, ou ne manifeste le désir d’inverser la tendance. Dans les collectivités d’outre-mer de droit commun (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion), la vie chère devient un problème économique et social d’envergure dont le paroxysme est atteint en 2009, donnant naissance à des manifestations de rue parfois violentes contraignant les gouvernants de l’époque à organiser des états-généraux pour  donner la parole à la population. Le sujet de la vie chère connaît une particulière acuité dans ces territoires pour au moins deux raisons qui sont liées. La première réside dans le fait qu’il s’agit de sociétés au sein desquelles la consommation ne vise pas simplement à satisfaire des besoins, mais aussi à développer une culture de l’ostentation qui a pour effet de donner de la contenance aux individus. La seconde incline à mettre en lumière l’économie d’import-export, qui à la vérité est davantage une économie d’importation massive de biens souvent futiles destinés à la consommation. Cette forme d’économie improductive ne valorise pas l’homme qui ne crée plus, mais s’évertue à être, en dépensant pour acquérir des biens et services dont le prix fixé repose souvent sur une réalité tronquée qualifiée de « pwofitasyon ». Ce dernier aspect des choses revêt une importance considérable car le peuple frappé par la précarité en raison des bas salaires crie son envie d’exister ainsi que l’impérieuse nécessité d’offrir une vie aujourd’hui convenable et demain meilleure à sa progéniture. La vie chère représente donc un enjeu de société de très haute importance dans la mesure où elle constitue un élément qui peut troubler la pacification sociale. Les citoyens ont donc obligé le fabricant de la règle à intervenir. Ils ont été des inspirateurs actifs de la loi de régulation pour l’outre-mer du 20 novembre 2012  qui comporte des dispositions visant, à défaut d’éradiquer, à corriger des errements générateurs de tensions sur les prix : 1. L’interdiction des clauses d’exclusivité : sont désormais prohibés « les accords ou pratiques concertées ayant pour objet ou pour effet d’accorder des droits exclusifs d’importation à une entreprise ou à un groupe d’entreprises ». 2. La répercussion effective d’une baisse de la fiscalité sur les prix : « lorsque les pouvoirs publics décident d’une baisse de la fiscalité pesant sur les opérateurs économiques aux fins de lutter contre la hausse ou le niveau des prix de détail, les opérateurs bénéficiant directement ou indirectement de cette baisse sont tenus d’apporter ( ), tout élément utile permettant d’établir la répercussion effective de cette baisse sur les prix». 3. L’injonction structurelle : «l’Autorité de la concurrence peut maintenant prononcer outremer une injonction structurelle sur le constat d’une position dominante, sans donc avoir besoin de démontrer juridiquement un abus ». 4. La saisine de l’autorité de la concurrence par les conseils régionaux qui constateraient des abus nuisibles aux consommateurs. 5. Des mesures pour remédier aux dysfonctionnements des marchés de gros de biens et de services : la loi dispose que « dans les secteurs pour lesquels les conditions d’approvisionnement ou les structures de marché limitent le libre jeu de la concurrence, le Gouvernement peut arrêter () les mesures nécessaires pour remédier aux dysfonctionnements des marchés de gros de biens et de services concernés». 6. L’accord de modération du prix global d'une liste limitative de produits de consommation courante : cette mesure doit être mise en lien avec la notion de « panier de la ménagère» ou de « chariot-type ». 

"J’APPRENDS À 

ACHETER UTILE, 

AVANT D’ACHETER PLAISIR...

Elle n'est pas si lointaine l'époque ou j'achetais un boKit ( poulet, salade, tomate, ketchup, piment ) à 5 francs soit moins d'un euro. Un peu plus d'une décennie plus bas, nous voilà plongé dans une société ou le terme " Vie chère" fait la une des journaux, et est au coeur des plus grands débats politiques. Le panier de la ménagère est de plus en plus léger tout comme son portefeuille. Alors, que faire? Quand tout nous pousse à consommer ( T.V, internet, affiches 4x3 etc etc  ), la pression marketing  autour de nous est constante. En tant que père de famille responsable, pour ne pas sombrer dans la spirale de la sur-consommation et devenir l'esclave de Mme Crédit, obligé de m'organiser, non pas avec des armes politiques, mais simplement en m' auto-disciplinant. Tant bien que mal, je limite mon temps d'exposition aux flux de messages publicitaires ( donc pas trop de télé , pas trop d'internet ) et surtout j'apprends à acheter utile avant d'acheter plaisir

Williams, 36 ans.

 

crédits photos Cédrick Calvados

 

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