© 2017 by Agence Runway

CONTACTEZ-NOUS
ABONNEZ-VOUS
RÉSEAUX SOCIAUX
  • Facebook - Black Circle
  • Twitter - Black Circle
  • Instagram - Black Circle
  • Tumblr - Black Circle
  • Pinterest - Black Circle
  • Instagram - Black Circle

LA GUADELOUPE TERRE DE MIGRATION ?

 

Pour ce que l’on sait, aux origines de la Guadeloupe, cette terre est d’abord peuplée d’amérindiens (Arawaks ou Taïnos), venus dit-on du bassin de l’Orénoque. D’autres peuples vont au fur et à mesure des siècles migrer vers la Guadeloupe : d’autres amérindiens (les Caraïbes), des européens à la découverte de nouveaux mondes, des africains contraints de quitter de force leur contrée natale et des indiens appelés à les suppléer comme main d’œuvre, cette fois salariée, dans l’agriculture, au lendemain de l’abolition du système esclavagiste. À partir de 1870, une nouvelle vague de migrants venue du Proche-Orient, en raison d'affrontements confessionnels s'installèrent aux Antilles et furent à l'origine d'un courant migratoire qui fonctionna de la fin du XIXe siècle à nos jours. L’arrivée des syriens et des libanais marquera une forme de stabilité de la population guadeloupéenne déjà bien composite d’un point de vue culturel. Ce caractère hétéroclite, s’il est peut être visible sur le plan de la préservation des traditions culturelles des uns et des autres ne porte pas atteinte à la cohésion sociale globale, dans la mesure où la politique d’assimilation à l’identité française, conduite par le pouvoir central parisien l’emporte sur toute autre considération. La République ne reconnaît pas les communautés et accorde exclusivement du prix à l’unicité du peuple français. L’étranger est invité à respecter scrupuleusement les us, les coutumes ainsi que la règle de droit républicaine. Il se trouve ainsi digérer par la machine assimilationniste, notamment ses enfants, pour lesquelles la scolarisation est obligatoire. L’école de la République étant particulièrement indiquée pour parfaire le travail d’assimilation aux valeurs nationales. L’histoire du monde est l’équivalent de l’enchevêtrement de différences nées de la rencontre des hommes, qui, s’étant sédentarisés demeurent d’éternels nomades. Les migrations constituent donc un élément structurant de la sociologie planétaire. Les contestations d’aujourd’hui proviennent du fait que le décloisonnement des frontières pour les capitaux et les marchandises n’est pas placé sur le même pied d’égalité, dès lors qu’il s’agit de circulation des individus. Par ailleurs, le phénomène migratoire est gouverné par le principe de l’accueil des étrangers, qui exprime de manière singulière la souveraineté de l’Etat sur ses frontières internes et externes. Le déferlement de milliers de personnes vers les pays européens est vécu comme une agression, notamment de la part des anciennes démocraties populaires, converties depuis la fin des années 80 au libéralisme économique, tout en étant gagnées par l’idéologie d’extrême droite. La Hongrie constitue à cet égard un exemple plutôt parlant. A l’inverse, une puissance économique comme l’Allemagne, sans être angélique, ne manifeste pas autant d’opposition aux déplacements de populations du Sud vers le Nord. L’argument avancé est humanitaire, mais, on l’aura bien compris aucunement dénué d’intérêt économique. Les nouveaux migrants pouvant constituer une main d’œuvre aussi bien formée que docile, et pouvant concourir à l’expansion de l’économie allemande. 

 

La Guadeloupe, département-région de la République ne décide évidemment pas de sa politique migratoire. Les guadeloupéens peuvent manifester de la solidarité à l’endroit des étrangers débarquant sur leur sol en vue de faciliter leur intégration. Rien de plus. Ils ne se privent pas non plus de formuler leur sentiment d’aversion à l’endroit d’une immigration qui serait de nature gâter le climat social par des actes de violence. Dans les années 80, une véritable chasse à l’homme avait été organisée contre des dominicais qui présentaient la caractéristique de se livrer à des actes violents de délinquance. Le paroxysme ayant été atteint lorsqu’un ressortissant de nationalité dominicaise avait violé puis tué une jeune femme guadeloupéenne qui avait commis le crime d’avoir voulu cueillir des goyaves sur le site du lycée de Baimbridge. Les Guadeloupéens seraient-ils davantage hongrois ou davantage allemands dans l’état d’esprit ? Il serait injuste de soutenir que le Guadeloupéen est un ennemi du métèque. Loin de là.  Les moqueries à l’endroit des haïtiens sur leur mode vestimentaire, il y a encore quelques années, restent anecdotiques. La place qu’ils occupent désormais dans la société guadeloupéenne est certes due à leur capacité de travail. Toutefois, on peut douter que leur sort aurait été aussi bon si les Guadeloupéens avaient systématiquement fait obstacle à leur progrès individuel et collectif. Les diatribes de Ibo Simon sur les antennes d’une télévision périphérique contre les communautés étrangères relèvent beaucoup plus d’une forme de nationalisme-protectionnisme que l’on retrouve dans nombre de discours politiques de partis de Gouvernement, visant à préserver l’État-nation. En ce début de XXIème siècle, le sentiment du citoyen guadeloupéen n’est pas très différent de celui de son homologue de l’hexagone qui donne du crédit à la philosophie politique du Front National, en affirmant que le bien-être doit d’abord être assuré pour le national.  De ce fait, l’idée d’accueillir de nouveaux migrants sur le sol national ne constitue pas une bonne nouvelle car le contexte de crise enjoint à gérer entre soi la pénurie et n’invite pas, par conséquent, à faire montre d’une générosité du cœur, qui pour le moment n’est plus à l’ordre du jour.

Please reload

Please reload

À lire aussi...