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INNA MODJA, MOTEL BAMAKO

04/01/2016

 

Dans son troisième album, Motel Bamako, Inna Modja retourne au Mali, rappe en bambara et ose de subtils mélanges entre tradition mandingue, électro et pop. Un pari aventureux et plutôt réussi. Fini de rire pour Inna Modja. Sur ses précédents albums, la ravissante Malienne virevoltait au gré des clips et des ondes FM et même des sujets, pourtant sombres sur certains morceaux. Dans Tombouctou, le single de Motel Bamako, tissé de boucles vocales hip hop et électro, Inna Modja rappe en bambara et se fâche. « La nuit est tombée (…) ils veulent conquérir nos âmes. (…) Ils veulent nous réduire au silence», chante-t-elle à propos de la guerre au Mali et de la situation des femmes au nord du pays. Pour ce retour aux sources, la majorité de l’album a été enregistré à Bamako et plusieurs morceaux introduisent une atmosphère sonore malienne, de la kora ou un jeu de guitare mandingue. Parisienne d’adoption, Inna Modja conjugue ici ses différentes identités : elle rappe et chante, en anglais et en bambara, ose la tradition, taquine l’électro, creuse la veine pop.

Elle tente aussi de ne pas perdre son public originel, plutôt habitué aux mélodies accrocheuses et aux refrains calibrés de la variété. Un exercice d’équilibriste qui occasionne quelques compromis réussis, comme Outlaw, Water ou Sambé. Ou quelques ratés, comme les duos avec les rappeurs Oxmo Puccino et Baloji, qu’on aurait espérés moins consensuels et un peu plus pugnaces. En effet, tiraillé entre deux mondes, parfois presque schizophrène, Motel Bamako veut tout à la fois : affirmer son identité malienne, rester en haut des charts et séduire un public plus pointu. Artistiquement, malgré quelques faux pas, le pari est plutôt tenu. Inna Modja mue, surprend, se révèle et peut en tous cas difficilement laisser indifférent.

 

 

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