© 2017 by Agence Runway

CONTACTEZ-NOUS
ABONNEZ-VOUS
RÉSEAUX SOCIAUX
  • Facebook - Black Circle
  • Twitter - Black Circle
  • Instagram - Black Circle
  • Tumblr - Black Circle
  • Pinterest - Black Circle
  • Instagram - Black Circle

L’ALCOOLISME, UN PROBLÈME QUE L’ON TAIT.

09/01/2016

140

C’est le nombre de personnes décédées en Guadeloupe suite à une consommation excessive d’alcool.

 

En France, seulement 2,5 % de la population adulte n’a jamais touché une goutte d’alcool. Autrement dit, la quasi-totalité des Français consomme plus ou moins des boissons alcoolisées. Pire : cinq millions de Français connaissent aujourd’hui des difficultés médicales, psychologiques ou sociales liées à l’alcool. Dans un rapport publié en mai 2014, l’OMS estime que, chaque année, l’alcool est responsable d’un décès sur vingt dans le monde, soit plus que le sida, la tuberculose et la violence réunis. Souvent réduit à un «mauvais » comportement social, la dépendance à l’alcool en Guadeloupe, est à l’origine de près de 140 décès par an et demeure la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac. L’alcool coûte chaque année 120 milliards d’euros à la société française et est responsable de plus de 200 maladies. Chez nous, les trois causes de décès liées à la consommation excessive d’alcool sont la cirrhose du foie, les psychoses alcooliques et les cancers des voies aéro-digestives supérieures. Les scientifiques sont formels : l’alcoolisme est une pathologie neurobiologique qui se traduit par une perte de contrôle de la consommation lié à un déséquilibre des circuits de la récompense. Elle conduit le patient à poursuivre sa consommation d’alcool, y compris s’il est conscient des dangers encourus.

 

À chaque fois que l’on parle d’alcool dans notre société, on suscite à la fois compréhension et rejet. D’un côté, boire de l’alcool est en quelque sorte une nécessité sociale, car la grande majorité des gens le font et nombre de situations exigent pratiquement que nous levions notre verre à notre santé ou à celle des autres. Sans compter que celui qui entend être un homme doit boire. De l’autre côté, boire à l’excès, c’est transgresser un tabou – surtout pour les femmes -, car l’ivresse est réprouvée : malheur à celui qui ne sait pas se contrôler, il sera mis au banc de la société ! Bien entendu, tout le monde croit savoir qui est alcoolique et qui ne l’est pas. Un homme qui titube la nuit dans la rue en vociférant est un ivrogne. Les créatures patibulaires qui jonchent dès le matin les bancs publics de leurs canettes de bière sont, elles aussi, alcooliques. Selon le langage populaire, ces gens sont sans volonté, ils ont noyé leur raison dans l’alcool ou bien en sont dépourvus depuis toujours. À l’opposé, il y a le brave père de famille qui boit à la pause du midi et le soir après le travail la bière ou le ti-punch – ou les quelques verres – qu’il a bien méritée. Cet homme-là est solide comme un roc, il est hors de question qu’il puisse être dépendant. C’est passer volontairement sous silence le fait que boire modérément et boire trop sont inextricablement liés. Dans les sociétés abstinentes – les sociétés islamique par exemple -, les problèmes d’alcool n’existent pratiquement pas. Rien de ce que l’on peut dire de la consommation d’alcool n’échappe à ce dualisme, ainsi, le rôle des spécialistes est de s’occuper des alcooliques tels que les définit l’opinion publique, mais gare à eux s’ils se mettent à jouer les trouble-fête en s’attaquant au boire convivial [..].

Please reload

Please reload

À lire aussi...