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LE MAQUIS DES RETRAITES.

24/01/2016

Retraite de base, complémentaire, âge légal, nombre de trimestres, taux plein, décote, bonus… Toutes les clés pour comprendre le fonctionnement d’un système de répartition… au bord du gouffre. En effet, la énième réforme des retraites, celle de Marisol Touraine, comme les précédentes, ne suffira pas à remettre les comptes d’équerre. C’est ce que révèle l’avant-projet de rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (Cor). Plus pessimiste que jamais, il estime que le système des retraites ne devrait pas revenir à l’équilibre avant 2030 ! De réforme en réforme, qu’est devenue la retraite des Français ?

Comment est calculée la retraite de base ?

La retraite de base, versée par le régime général de la Sécurité sociale, ne peut dépasser 50 % d’un certain plafond, revalorisé chaque année, et actuellement fixé à 3 170 euros, soit 1 585 euros. On calcule la moyenne des 25 meilleures années d’une carrière, pour les salariés du privé. Le salaire annuel moyen est constitué de la rémunération brute à laquelle on a retranché les cotisations salariales de retraite, qui représentent environ la moitié des prélèvements salariaux (11 % des 22 % de charges salariales). Ce terme de ‘‘moyenne des 25 meilleures années’’ est en réalité inapproprié, car les années où un salarié a gagné plus que le plafond de la Sécurité sociale ne compensent pas celles où il gagnait moins. C’est-à-dire que pour bénéficier du maximum de la retraite de base, il faut avoir atteint ou dépassé ce plafond pendant 25 années, sur l’ensemble d’une carrière. S’il manque des trimestres au futur retraité, le montant de sa pension sera diminué au prorata des trimestres manquants.

 

Et les retraites complémentaires ?

À la retraite de base s’ajoutent les complémentaires, l’Arrco pour les non-cadres et l’Agirc pour les cadres. Les cotisations de l’employeur et du salarié à ces caisses sont converties en points. Lors de la liquidation, la totalité des points est convertie en euros. Le point Agirc vaut aujourd’hui 0,4352 euro, un point Arrco, 1,2513 euro. Ces caisses complémentaires n’ont pas le droit d’être déficitaires mais elles le deviendront à court terme, ce qui donne lieu actuellement à une négociation entre les partenaires sociaux pour trouver une solution qui permette de revenir à l’équilibre. Elles ont déjà dû faire d’importants efforts, à la fois en augmentant les cotisations et baissant les montants versés.

 

Quand partir à la retraite ?

L’âge légal de départ varie en fonction de la date de naissance des futurs retraités. Pour ceux nés entre le 1er juillet 1951, il est de 60 ans. Ceux nés entre le 1er juillet et le 31 décembre 1951 devront travailler jusqu’à 60 ans et 4 mois. Pour les personnes nées en 1952, l’âge légal est porté à 60 ans et 9 mois, pour celles nées en 1953 à 61 ans et 2 mois, pour celles nées en 1954 à 61 ans et 7 mois. Les personnes nées après 1955 peuvent partir à la retraite à 62 ans. Il faut aussi avoir validé un certain nombre de trimestres, lui aussi variable en fonction de l’âge. Pour prétendre à une retraite complète, il fallait avoir travaillé 160 trimestres pour les personnes nées en 1948 ou avant. Les natifs des années suivantes doivent avoir cotisé un trimestre de plus, chaque année, jusqu’à atteindre 166 trimestres pour les natifs de 1955 (soit 41 ans et demi). Ensuite, on ajoute un trimestre tous les trois ans, jusqu’à ceux nés en 1973, qui devront travailler 43 ans (172 trimestres). Le seuil, pour valider un trimestre, est fixé à 150 heures de smic. Les périodes de chômage indemnisé donnent droit à des trimestres. Par ailleurs, chaque enfant né avant 2010 permet à sa mère de valider 8 trimestres supplémentaires. Pour une naissance après 2010, 4 de ces trimestres sont attribué soit à la mère, soit au père. Certains trimestres supplémentaires peuvent être accordés dans des cas précis (service national, maladie, invalidité). Il est également possible de racheter jusqu’à 12 trimestres, sous conditions.

 

Comment percevoir une retraite sans décote ?

En ayant atteint l’âge légal et après avoir validé le nombre de trimestres nécessaires. S’il manque des trimestres et que le salarié désire faire valoir ses droits, sa pension subira une décote de 1,25 % par trimestre manquant. Travailler jusqu’à l’âge du taux plein évite cette décote. Il est fixé à 65 ans pour ceux nés avant le 1er juillet 1951, 65 ans et 4 mois pour les personnes nées au second semestre de 1951, 65 ans et 9 mois pour les natifs de 1952, 66 ans et 7 mois pour les natifs de 1954 et 67 ans pour tous ceux nés en 1955 et après. Les salariés qui continuent à travailler au-delà de l’âge légal et en ayant le nombre de trimestres nécessaires bénéficient, quant à eux, d’un bonus de 1.25 % par trimestre

 

‘‘Quid’’ en cas de carrière longue ?

Les futurs retraités qui ont déjà validés 5 trimestres l’année de leurs 20 ans (4 pour ceux nés en octobre, novembre ou décembre, pour tenir compte du décalage) et qui ont cotisé tous leurs trimestres peuvent partir à 60 ans sans décote. Pour avoir droit à cet avantage, les critères de la validation des trimestres sont plus sévères. Par exemple, le nombre de trimestres indemnisés pendant le chômage est limité à quatre et les trimestres de majoration pour enfant sont exclus.

 

Quelles différences entre le public et le privé ?

Le secteur public n’a quasi pas été concerné par les efforts sur les retraites. Et les inégalités avec le privé n’ont cessé de se creuser. La retraite des fonctionnaires est ainsi calculée, et depuis toujours, sur la moyenne des 6 derniers mois de leur salaire au lieu des 25 années dans le privé. L’État leur garantit, quelle que soit la conjoncture économique ou démographique, un taux de remplacement (montant de la retraite par rapport au dernier salaire) de 75 %. Et pour cause : le Conseil d’orientation des retraites a révélé, dans un rapport publié en novembre 2013, que seule une pension sur quatre, dans le public, était financée par les cotisations des fonctionnaires (contre huit sur dix dans le privé). C’est dont l’Etat, autrement dit les contribuables, qui supporte le coût (37 milliards) des trois quarts des pensions des fonctionnaire en retraite. En comparaison, un cadre prenant sa retraite après une carrière complète (avec une rémunération passée de 1 à 3 plafonds de la Sécurité sociale) bénéficiait d’un taux de remplacement de 59,3 % en 1993, indique une étude de l’association Sauvegarde des retraites (‘‘Analyse de l’évolution des retraites entre générations’’). Pour une carrière en tout point identique, le taux de remplacement d’un cadre parti à la retraite fin 2012 est tombé à 46,4% !Sans compter bien d’autres avantages. Dans les régimes spéciaux des fonctionnaires, cinq ans cotisés donnent droit à un ‘‘bonus’’ de quatre trimestres… Les fonctionnaires travaillant trois ans hors d’Europe bénéficient aussi d’un cadeau de quatre trimestres… Résultat, alors que l’âge réel de départ à la retraite était de 62 ans et 2 mois pour les salariés du privé, fin 2012, il était de 57 ans et 4 mois dans la fonction publique, militaires inclus, et, pour les régimes spéciaux, de 54 ans à la RATP et de 55 ans et 10 mois à la SNCF. Quant aux pensions de réversion, elles sont bien plus favorables dans le public que dans le privé.

 

 

 

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