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ENTREPRENDRE : JESSICA BRUDEY

 

Quel a été votre parcours jusqu’à la création de Foodîles ? 

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai eu un parcours assez classique. Mes parents voulaient que je sois fonctionnaire, j’aimais les enfants alors j’ai choisi de devenir professeur des écoles. Après deux échecs au concours, j’ai eu la chance de côtoyer le monde du journalisme, de la culture et du digital. J’ai alors repris mes études et obtenu un Master en Information, Communication et Patrimoine.

 

Dans une logique entrepreneuriale vous avez créé Foodîles. D’où vous est venue cette envie de créer votre entreprise ? 

L’année 2012 fut pour moi riche car j’ai non seulement obtenu mon diplôme mais également eu ma fille. Pendant ma grossesse, amoureuse de bons restaurants et gourmet invétérée, j’ai créé un groupe sur Facebook : « Où fait-il bon manger en Guadeloupe ? ». L’idée était d’y partager des bonnes adresses, des photos et des avis. Face au succès rencontré et constatant que ce problème est important malgré les nombreux annuaires existants, j’ai décidé de créer Foodîles. C’est d’ailleurs le groupe qui a trouvé le nom. Foodîles est un guide digital au service des gourmets de la Guadeloupe. Grâce à une application et à un site web, les utilisateurs (locaux ou touristes) ont accès à une liste d’établissements rigoureusement sélectionnés, géolocalisés et pour lesquels ils peuvent partager des photos, des avis et télécharger des offres de réduction. Depuis peu, je propose également la réservation en ligne.

 

Quelles-sont les difficultés que vous rencontrés sur le terrain ?

Le digital est nouveau aux Antilles-Guyane et si faire comprendre son impact aux jeunes restaurateurs est assez facile, ça l’est beaucoup moins pour les restaurants tenus par des personnes d’âge mûr. D’autre part, le marché est saturé d’offres commerciales et beaucoup de restaurateurs échaudés par des pratiques douteuses font beaucoup moins confiance.

 

Est-il judicieux de vouloir lancer un nouveau business en période de crise ? 

Ne dit-on pas que du chaos naissent les étoiles ? Notre société fait face à de nouveaux problèmes et a donc besoin de nouveaux entrepreneurs avec de nouvelles solutions. Mais, il est important de penser son business à N+10 et pas dans l’immédiateté. Il faut avoir plusieurs plans en tête. 

 

On dit souvent que, pour créer une entreprise, il vaut mieux avoir un problème qu’une idée… 

C’est essentiel car les idées ne valent rien. Tout est dans l’exécution. Des centaines de milliards d’idées vagabondent dans les esprits tous les jours mais combien résolvent à un problème à la fois réel, général et de façon rentable ? 

 

On parle de plus en plus de « métier d’entrepreneur » et de formation entrepreneuriale. Pensez-vous qu’il soit important de se former pour entreprendre ?

Je le pense réellement. Je regrette de n’avoir pas été touchée par la fièvre entrepreneuriale plus tôt. Des études de commerce m’auraient certainement rendues plus aguerri sur le terrain. S’il n’est pas indispensable de se former, je pense qu’il est fondamental d’être bien entouré. La jungle entrepreneuriale est profonde et sournoise et il est important de ne pas prendre ce chemin seul.

 

Avez-vous suivi une formation dans ce cadre ? 

Même si je n’ai pas eu de formation dans ce domaine, je me nourrie des parcours d’entrepreneurs locaux, nationaux ou internationaux à succès. Il existe également pléthore de sites et de Mooc permettant d’être suffisamment pointu sur le sujet. Mais, rien ne vaut la réalité du terrain. C’est en étant au contact de mes clients et de mes utilisateurs que j’adapte mon produit et mes offres. Il est important de garder l’esprit ouvert.

 

Après plus d’un an d’existence, comment comptez-vous vous développer dans les années à venir? 

Après un an et demi d’existence, Foodîles continue à développer ses évolutions et à proposer ses services aux restaurateurs. Nous terminons quelques évolutions et seront bientôt prêts à toucher de nouveaux territoires et à proposer de nouveaux services.

 

À quoi reconnaît-on un entrepreneur ?

L’entrepreneur est guidé par la passion et par l’audace. Si l’on veut être sûr de manger tous les jours, dormir 8 heures par nuit et toucher un salaire de façon régulière chaque mois, il ne faut pas choisir l’entrepreneuriat. Cette définition d’un entrepreneur de Reid Hoffman (fondateur de LinkledIn) me parle beaucoup : « C’est quelqu’un qui saute de la falaise et construit un plan au cours de la descente ». Rien n’est écrit, rien ne fonctionne comme on le prédit… Un entrepreneur pense 24h/24 à son entreprise, à apporter des réponses efficaces aux problèmes de ses clients, à rendre son entreprise pérenne. Le meilleur entrepreneur est celui qui apprend de ses échecs.

 

Peut-on dire qu’il manque aux Antilles une culture de l’entreprise ?

La culture de l’entreprise n’est pas du tout intrinsèque aux Antilles. La voie royale est celle du fonctionnariat qui assure la sécurité de l’emploi et des avantages non négligeables. A l’heure où le chômage touche plus de 25% de nos jeunes, je ne peux blâmer les parents qui poussaient dans cette voie. Par contre, je demande aux jeunes parents de mon époque de faire confiance à leurs enfants, de leur dire qu’ils sont capables de grande chose. Il est important de leur inculquer très tôt que le monde leur appartient et qu’ils peuvent devenir ce qu’ils veulent être à force de passion et d’audace.

 

Avez-vous bénéficié d’accompagnement dans le cadre de la création de votre entreprise ? 

Etant inscrite au Pôle Emploi, j’ai eu l’opportunité de bénéficier de l’accompagnement à la création d’entreprise et également du suivi d’Initiative Guadeloupe.

 

Pensez-vous que les dispositifs d’aides et/ou d’accompagnements mises en place par les différentes institutions sont en adéquation avec les besoins des entrepreneurs ?

Les dispositifs d’accompagnement à la création sont très nombreux mais évoluant dans le digital, je n’ai pu trouver d’intervenants qualifiés sur le sujet. Enfin, les aides sont importantes mais encore trop confidentielles. Ces dispositifs ont le mérite d’exister car les banques sont extrêmement frileuses. Par contre, il est indispensable que l’entrepreneur qui débute sache qu’il ne doit pas attendre sur des subventions pour créer et faire vivre son entreprise. 

 

Pour plus d'informations sur l'application Foodîles cliquez ici.

 

Crédit photo : Evagency

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