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LA RELEGION EST L'OPIUM DU PEUPLE.

21/12/2015

 

Cette fameuse citation de Karl Max trouve un écho retentissant dans une Guadeloupe confrontée à une misère sociale grandissante, à une fragmentation de la cellule familiale imposée par une société d’hyperconsommation, au règne du matériel, de l’argent et de désir de jouir de toutes les libertés modernes offertes par le nouvel ordre mondial. En 2008, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) concluait que plus de 30 000 personnes étaient concernées par les sectes en Guadeloupe. Elle soulignait que 20% des sectes françaises étaient situées en outre-mer, un chiffre qui devrait donner froid dans le dos lorsque l’on sait les conséquences graves liées à l’endoctrinement exercé par les responsables religieux (gourous). En 2015, soit huit ans plus tard, les chiffres ont considérablement augmentés, et les mouvements religieux à orientation sectaire se sont multipliés en Guadeloupe. Et là, pas besoin d’un nouveau rapport de la MILIVUDES. Visuellement les églises fleurissent dans tous les secteurs de l’île en se concentrant principalement dans les petites et grandes zones d’activités commerciales (ZAC). De Jarry à Anse-Bertrand et de Baillif à Gosier aucune ZAC n’est épargnée par le phénomène de développement des églises à dominante évangélique. Si ces nouveaux lieux de culte ont le vent en poupe, c’est parce que les entreprises, elles, déposent le bilan. Une situation dramatique pour les salariés qui perdent leurs emplois et pour les chefs d’entreprises qui voient partir en fumée le fruit d’une vie entière consacrée à leurs outils de travail. Pour les pasteurs, le plus souvent auto-proclamés, cette désertion et désertification des entreprises constituent la promesse d’une belle espérance de pouvoir implanter une nouvelle unité de prière, d’accueillir des fidèles fraîchement amadoués, mais aussi l’opportunité de récolter des dons et offrandes en numéraire.

 

 

La dime, la principale d’entre-elles, est une contribution volontaire ou d’un prélèvement, habituellement en soutien de l’organisation religieuse. La dîme est l’équivalent de 10 % du montant du revenu du fidèle, obéissant à la promesse d’un miracle s’il consent volontairement à se dessaisir de cette partie de son salaire. Dans certaines communautés, ce taux est allègrement dépassé, le rapport de la MIVILUDES précise qu’elle peut atteindre parfois les 20 %. Certains pasteurs et autres responsables religieux, au rang desquels on trouve des diacres et des anciens s’appuient sur un passage de la bible pour soutirer quelques euros à leurs brebis en quête de miracles, Malachie 3 :10 « Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison ; Mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Eternel des armées. Et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance ». Chemin faisant, les brebis ouvrent grandes leurs bourses et déversent des sommes considérables dans les paniers joliment décorés et passant de main à main chaque dimanche entre les frères et sœurs unis dans un lien de communion, de fraternité, d’amour et d’argent. Dans le même temps, les groupes de musiciens chantent, louent, adorent et dansent créant une atmosphère de joie propice à la générosité des croyants et à l’extorsion de fonds. Si vous observez plus attentivement votre environnement, vous remarquerez que de grandes enseignes commerciales ont laissé la place à des églises, parfois de petites tailles et pourtant les loyers souvent prohibitifs sont payés rubis sur ongle aux propriétaires des immeubles, ayant plus la foi dans le compte bancaire que dans la pratique zélée de la prière. Nous avons eu connaissance du cas d’une église qui s’acquittait de plus de 8000 euros de loyers mensuels pour un immeuble loué dans la ZAC de Petit-Pérou aux Abymes, c’est dire la capacité évidente de ses églises à convaincre leurs membres à donner, donner et redonner, à chaque appel à la générosité. Il est difficile d’estimer les flux financiers qui transitent par ces organisations religieuses, tant les informations sont opaques, tenues au plus grand secret entre quelques membres triés sur le volet par le leader religieux. À côté du loyer, ces églises doivent faire face à des factures énormes d’électricité, à cause des systèmes de climatisation installés, hyper consommateurs d’énergie, des factures d’eau, de l’achat d’appareils de sonorisation, de caméras, des régies techniques, de mobilier, de la décoration, des voyages des pasteurs à l’étranger, de l’hébergement, des frais de restauration … Tous ces frais sont entièrement financés par l’argent des dons, des offrandes et de la dîme, on peut donc déduire que les montants cumulés des collectes peuvent atteindre facilement des sommes à 5 chiffres par mois. Si tel n’était pas le cas, ces églises ne pourraient pas conservées aussi longtemps ces locaux hors de prix. Même les entreprises commerciales n’ont pas la capacité de production d’une petite communauté religieuse, capable de pousser leurs fidèles à donner par la foi au-delà de la raison et de l’entendement. Le plus triste dans l’histoire reste que les personnes les plus vulnérables sont aussi celles qui sont plumées, extorquées et qui finissent le plus souvent dans les hôpitaux psychiatriques. 

 

 

En 2008, la MIVILUDES recensait la présence de 5 mouvements sectaires en Guadeloupe : le christianisme céleste, le centre missionnaire du réveil chrétien,  le centre interministériel de l’évangile, mahikari lumière de vérité et les apôtres de l’amour… Avec l’arrivée incessant de nouveaux pasteurs, dont majoritairement un nombre croissant de pasteurs africains, il est à parier que ce chiffre ait été doublé, voire triplé entre 2008 et 2015. Cependant, la lutte contre les mouvements sectaires reste complexe en raison notamment de l’article 10 de la Déclaration du droit de l’homme et du citoyen de 1789 qui précise que: « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi ».

 

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