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ENTRETIEN AVEC MARINE LE PEN, PRÉSIDENTE DU FRONT NATIONAL.

" [...] il n’y a plus de plafond de verre à la progression et à l’implantation du Front National. [...] Je serais bientôt de passage en Martinique et Guadeloupe et Guyane."

Focus fwi : Les dernières élections ont été marquées par une poussée du Front National et une forte abstention. Comment expliquez-vous une telle défiance des Français à l'égard des partis du Gouvernement ?

Marine Le Pen : Les Français ont clairement manifesté leur souhait de changement. Scrutin après scrutin, qu’il soit local ou national, les électeurs affirment leur volonté de porter au pouvoir le seul courant politique qui ne leur a jamais menti, qui n’a jamais changé d’idées, qui n’a jamais eu peur de braver la pensée dominante pour préserver la France et les Français des périls qui les menacent. Le Front National symbolise le renouveau du champ politique et demeure le seul mouvement capable de mobiliser les électeurs et notamment les abstentionnistes comme l’ont démontré les élections municipales.

 

Aujourd’hui, peut-on parler de normalisation du F.N ?

Ce que vous appelez la normalisation est le pendant de la diabolisation. Or, la diabolisation du Front National ne fonctionne plus. Ces attaques perpétuelles n’ont aujourd’hui plus aucun écho auprès de nos compatriotes. Elles témoignent de la panique d’un système politico-médiatique qui n’a plus rien à proposer aux Français et plus rien à opposer de concret au projet que nous défendons. Ces tentatives désespérées de diabolisation s’éteignent d’elles-mêmes et se retournent contre leurs auteurs comme l’illustrent les résultats des dernières élections municipales et européennes ainsi que les derniers sondages sur la popularité de notre mouvement.  

 

On se rappelle tous de ces déclarations : « À la limite, je préfère la voir dans un arbre après les branches que la voir au gouvernement comme ça » ou encore sur l’immigration, «Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois ». Madame Le Pen, le FN dans son ADN est-il un parti raciste ? Sinon, comment expliquez-vous ces nombreux dérapages ? 

J’attire votre attention sur le fait que le Front National a systématiquement sanctionné ceux qui s’écartaient des valeurs que nous défendons. Je note qu’il n’en est pas de même chez nos adversaires. Ni Manuel Valls ni Brice Hortefeux n’ont été exclus de leur formation respective pour leurs propos jugés xénophobes. Et que penser du maire socialiste de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy qui vient d’élargir la délégation municipale d’Ahmed Chekahb, coupable de propos antisémites ? Le Front National n’est pas et n’a jamais été un mouvement raciste. Il est patriote et francophile et défend tous les Français sans distinction d’origine, de condition sociale, de religion ou d’orientation sexuelle. Tous ceux qui ont la France au cœur ont toute leur place à nos côtés. 

 

Votre regard sur la politique menée en France semble parfois pessimiste. Croyez-vous à un sursaut ?

Mon rôle de responsable politique est de tenir un discours de vérité aux Français. Je n’ai pas pour habitude d’utiliser le robinet d’eau tiède ou d’user de la langue de bois. J’ai pour habitude de dire ce que je fais et de faire ce que je dis. Et contrairement à ce que répètent à l’envi mes adversaires, je ne cherche pas à faire peur aux Français mais à les prévenir, à les protéger des menaces que font peser sur eux les politiques de l’UMP et du PS. Je crois fermement à la capacité de réaction du peuple français, de ce grand peuple qui a su à travers sa longue histoire relever la tête quand ses ennemis le croyaient vaincu. Si notre nation a survécu aux défis des temps passés, c’est qu’elle a toujours su se rassembler dans les moments cruciaux où se jouait son destin. Les Français sont un peuple épris de liberté et de justice. C’est cet élan puissant et récurrent qui a mobilisé tant de cœurs patriotes au cours des derniers siècles qui va conduire à ce sursaut. 

 

UMP/PS même combat ? 

C’est une évidence. Le rejet du système UMPS se manifeste désormais à chaque scrutin. La perte de confiance des Français envers des partis usés et discrédités parce qu’ils ont notamment abandonné le pouvoir à une instance européenne ne disposant d’aucune légitimité démocratique, fait du Front National la seule alternative à un système qui a mené les mêmes politiques depuis 30 ans. L’UMP comme le PS ont approuvé notre perte de souveraineté budgétaire, monétaire, législative et territoriale et mis notre pays sous tutelle. 

 

Vous vous dites prête à gouverner. Mais que feriez-vous aujourd’hui de différent de François Hollande ?

Je mènerai une politique exactement inverse de celle qui est appliquée et qui conduit notre pays au chaos. Le PS tout comme d’ailleurs son frère jumeau l’UMP défendent l’intérêt des marchés financiers, je défends, moi, l’intérêt du peuple français. Depuis trop longtemps l’économie a pris le pas sur le politique, il est grand temps que le peuple français reprenne la main sur tout ce qui engage son avenir et que la souveraineté populaire redevienne la seule source de toute décision. 

 

Peut-on remettre en cause le pacte de responsabilité mis en place par le Président de la République ? 

Non seulement on le peut mais on le doit. Le Pacte de responsabilité ne sera d’aucune efficacité parce qu’il est fondé sur un faux diagnostic et qu’il refuse obstinément de s’attaquer à l’euro et à la concurrence sauvage qui sont les deux boulets qui empêchent nos entreprises d’être compétitives. L’annonce tonitruante de la création d’un million d’emplois en contrepartie d’une baisse de 30 milliards d’euros pour les entreprises est une chimère d’ailleurs démentie par deux rapports concluant à une création d’emplois quasi nulle voire à la destruction de 60 000 emplois. 

 

On vous reproche souvent de ne pas avoir de programme économique, ou encore de construire ce dernier sur des fondements économiques de gauche et de droite. Est-ce là, le point faible de votre politique ?

Mon programme économique est en rupture totale avec le modèle ultralibéral défendu par le système UMPS qui se traduit par un chômage de masse, une généralisation de la précarité, une croissance en panne sèche, une hausse des déficits  publics et de la dette. L’UMP et le PS qui se sont privés des moyens d’agir en transférant inconséquemment notre souveraineté à des instances supranationales, ne sont plus que des exécutants d’une politique qui agit contre les intérêts des Français. Je veux en sortir au plus vite. 

 

Quelle solution préconisez-vous pour une sortie de crise ?

Il y a urgence à rompre avec la folle politique d’austérité imposée par Bruxelles et à mettre fin à cette soumission mortifère. Pour retrouver le chemin de la croissance, il faut créer des richesses et s’en donner les moyens. Cela passe par une sortie de l’euro qui n’est plus adaptée à notre économie, la mise en place d’un protectionnisme intelligent à nos frontières pour lutter contre la concurrence déloyale et un patriotisme économique en soutien à nos TPE, PME et PMI, qui sont les véritables poumons de notre économie. Il faut enfin rendre du pouvoir d’achat aux Français en luttant contre la rapacité de la grande distribution et en menant une politique de hausse des bas salaires. 

 

Un récent sondage Ifop pour le Figaro au vu des présidentielles de 2017, vous donne gagnante au second tour face à François Hollande, mais précise qu’en cas de duel face à l’UMP que vous seriez battue. Que vous inspire un tel résultat ? 

Ce qui est intéressant dans les dernières études d’opinion qui ont été publiées, est la progression fulgurante des idées et des propositions du Front National dans l’opinion publique, que ce soit sur la politique d’immigration  et économique ou encore de la lutte contre la sécurité. Il y a à peine 2 ans, j’avais amené le courant patriote à son plus haut niveau lors d’une élection présidentielle, les sondages d’aujourd’hui me donnent déjà et à 2 ans et demi du scrutin, entre 15 et 20 points de plus. Nous allons mettre à profit le temps qui nous sépare de l’élection pour convaincre ceux qui ne nous ont pas encore rejoints de la collusion idéologique entre l’UMP et le PS. La prochaine présidentielle ne se jouera pas sur le clivage éculé gauche-droite mais sur un choix de société vital : soit on continue dans la soumission à la mondialisation, soit on choisit la Nation qui nous garantit nos libertés, notre sécurité, notre prospérité et la sauvegarde de notre identité. 

 

Le retour de Nicolas Sarkozy est-il de nature à contrarier vos ambitions pour 2017 ?

Aucunement et je m’en réjouis. Le Nicolas Sarkozy de 2014 est une copie conforme de celui de 2012 ; Rien n’a changé, ni les idées, ni la manière dont il se présente, ni cette fausse ingéniosité. C’est surtout l’homme de toutes les trahisons et reniements. La plus emblématique étant la question du référendum. Il en serait aujourd’hui un adepte, souhaitant en organiser 3 sur un quinquennat mais feignant d’oublier qu’il s’est essuyé les pieds sur le choix des Français en 2005 en faisant adopter par le Parlement la Constitution européenne et en faisant annuler celui qui était prévu en Grèce. La deuxième est l’immigration qui a prospéré comme jamais sous son quinquennat. 

 

Alain Jupé est aujourd’hui à la tête de tous les sondages. Le considérez-vous comme votre principal compétiteur ?

Si j’accède au second tour, j’affronterai le candidat que les Français auront choisi. Mais je ne vois aucune différence entre les candidats de l’UMP et ceux du Parti socialiste. Ils sont les représentants d’un même système qui a mené la même politique dévastatrice. Alain Juppé pourrait être membre d’un gouvernement de François Hollande sans que cela ne choque personne. En vérité se retrouvera probablement contre moi le vainqueur de la primaire européenne entre les candidats adoubés par la Commission de Bruxelles. 

 

Selon vous, l’Europe est-elle un piège ou une opportunité pour la France ?

L’Europe telle qu’elle s’est construite dans le dos des peuples et sans son assentiment (je vous rappelle que son texte fondateur, le traité de Rome en 1957 n’a jamais été soumis à l’avis du peuple), est une prison. Comme l’ont démontré les résultats des dernières élections européennes, le peuple français ne veut pas d’une construction utopique qui nie son histoire, bafoue ses prérogatives fondamentales et qui se traduit par une perte d’influence, d’identité et de liberté. L’Europe des banquiers, des multinationales et des lobbies en tous genres ne procède pas d’un mouvement démocratique mais plutôt de ce que les faiseurs d’opinion et les démocrates autoproclamés appellent un despotisme éclairé. Nous n’en voulons pas. 

 

La France, peut-elle selon vous, sortir sans dommage de l’Union Européenne et revenir au Franc ?

Non seulement elle le peut mais elle le doit. Lorsqu’un système ne fonctionne plus, il est impératif d’en changer. Pour se réarmer face à la mondialisation, notre pays doit retrouver les attributs de sa souveraineté : une monnaie, un budget, des frontières. Ce qui n’a absolument rien de révolutionnaire si l’on veut bien admettre que 95% des pays du monde ont leur monnaie, la maîtrise de leur budget et le contrôle de leurs frontières. Enfin, je tiens à le rappeler, la France ne doit rien à l’Union européenne et ne dépend pas de sa manne financière pour vivre. Notre pays est un contributeur net au budget de l’Union européenne. Nous versons chaque année 20 milliards d’euros quand Bruxelles nous en rétrocède 13 aides agricoles comprises. Il n’y aurait donc aucun dommage financier à quitter cette prison des peuples. Nous y gagnerons en revanche beaucoup en compétitivité et donc en relance de l’activité économique. 

 

Par quoi faudrait-il remplacer l’Union Européenne ?

Par un renforcement de la coopération entre Etats fondé sur le respect des principes intangibles et non négociables que sont la souveraineté politique, territoriale, monétaire et économique des Nations. Une autre Europe est possible, celle des grands projets européens innovants, au service des peuples, bâtie à partir de partenariats volontaires, comme l’ont été Ariane ou Airbus décidés, faut-il le rappeler, en dehors des institutions communautaires. Il faut ramener à leur juste place les utiles coopérations européennes : de projet, de concertation, mais en nous affranchissant de la tutelle du Super-Etat eurocratique et bureaucratique qui, depuis Bruxelles et Francfort, prétend régir tous les aspects de la vie politique, financière, économique, sociale et culturelle de 505 millions d’Européens.

 

Un parti, c’est aussi une ligne politique. Quelle est celle préconisée par le FN pour les Antilles ? 

Celle que nous avons toujours défendue : notre attachement indéfectible à la France d’Outre-mer qui participe au rayonnement et à la grandeur de notre pays. L’outre-mer français est une composante essentielle de notre présence dans le monde. Elle permet à notre pays et à ses 11 millions de kms de Zone économique exclusive d’être la 2e puissance maritime mondiale. Nous tirons de ces bouts de France disséminés  dans chaque partie du monde notre fierté, notre richesse et un incroyable vivier de talents et de forces vives. Or, jamais sous la 5e République, les Dom-Tom n’avaient été autant méprisés et ignorés par le pouvoir exécutif.  Ni les différentes lois de programmation économique et sociale ni l’importance des transferts financiers n’ont permis jusqu’à présent aux territoires d’outre mer de s’extirper de la précarité et du chômage chronique. Je crois essentiel de s’attaquer aux véritables difficultés des populations en impulsant des réformes de fond que sont le patriotisme économique, impliquant notamment la suppression de l’octroi de mer sur les produits français et les produits étrangers compensée par l’instauration d’une TVA sur les produits venant concurrencer les productions locales, la priorité nationale et la continuité territoriale, impliquant une action sur l’abaissement du prix des transports entre la Métropole et ses territoires ultramarins. Je pense enfin qu’ils auront un rôle déterminant à jouer dans la grande politique de la mer que j’entends mener et qui sera un projet aussi grand que l’a été la conquête spatiale. 

 

Un élu FN en Guadeloupe, ne serait-ce pas une forme d’utopie sévère ?

Nos adversaires disaient la même chose d’un député FN, d’une mairie FN, d’un sénateur FN… Comme je vous l’indiquais précédemment, il n’y a plus de plafonds de verre à la progression et à l’implantation du Front National. En Métropole comme dans les DOM-TOM où j’ai réalisé plus de 11% des voix en Nouvelle-Calédonie et plus de 10% à la Réunion. Enfin, la caricature de « raciste » faite de nous au seul motif que nous étions opposés à l’immigration a vécu. Beaucoup de nos compatriotes  d’outremer  victimes eux-mêmes des conséquences d’une immigration sauvage sont aujourd’hui conscients que s’y opposer n’est évidemment pas une preuve de racisme mais de lucidité. 

 

 À quand un déplacement aux Antilles ?

Je me suis rendue en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie en 2011 à la Réunion en 2012, je serai bientôt de passage en Martinique, Guadeloupe et Guyane. 

 

En supposant que le FN progresse ou mieux encore que le FN soit plébiscité aux élections 2017, que deviendraient les Antilles?

Elles retrouveraient la place qui est et doit être la leur au sein de la République française. L’éloignement territorial et le désintérêt des politiques pour  l’outremer ont contribué à faire de nos compatriotes des Français entièrement à part. J’ai la ferme intention d’en faire des Français à part entière. 

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