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LE POIDS DE LA DÉPENDANCE

03/08/2015

 

Le regard porté sur les personnes âgées, et plus particulièrement sur les personnes âgées en perte d’autonomie, a largement évolué au cours des dernières décennies. En 2002, la prise en charge de cette dépendance est nommée « priorité nationale », avec la mise en place de « l’Allocation Personnalisée d’Autonomie » (APA). La gestion de cette prestation, qui permet également de soutenir les plus de 60 ans dans un état de dépendance légère, est confiée aux départements, avec l’assistance de l’État. Mais son financement, au regard de la démographie, constitue un défi majeur à relever.  La France vieillit et cela coûte cher à tout le monde. C’est ce que souligne une étude publiée par Cap Retraite. Si les Français vivent plus longtemps, ils sont aussi plus dépendants que leurs aînés, Cap Retraite prévoit qu’à l’horizon 2040, le nombre des bénéficiaires de l’allocation pour l’autonomie (APA) avoisinera les 2 millions (contre 1,2 million aujourd’hui) et que son coût doublera pour atteindre 11,2 milliards d’euros (contre 5,5 milliards d’euros aujourd’hui). D’ici à 2040, le coût de la dépendance continuera à représenter un poids très variable pour les départements, en fonction de leur démographie et de leur budget. Les départements ruraux  de la Creuse, du Gers et des Outre-Mer sont ceux où les sommes allouées à l’APA grèvent le plus les budgets départementaux : respectivement entre 13 % et 15 %, alors que la moyenne nationale se situe à 7,8 %. « Plus un département est vieillissant, en perte de vitesse démographique, plus les revenus des habitants sont faibles, plus le coût de l’APA va peser sur le budget », explique Bemard Lasry, fondateur et président de Cap Retraite. L’étude révèle aussi qu’actuellement, les départements au plus faible potentiel fiscal ne sont pas en mesure de faire face au coût de l’APA, avec une situation particulièrement critique. Ce qui laisse présager encore plus de difficultés à l’avenir. Les ménages risquent par conséquent d’être d’avantage sollicités. Actuellement, selon Cap Retraite, ils contribuent au financement de l’APA à hauteur de 157 euros en moyenne par an et par foyer. 

 

À l’inverse des images convenues de sociétés jeunes à la démographie galopante, la Guadeloupe compte aujourd’hui parmi les départements français les plus concernés par le vieillissement démographique. Selon les projections établies par l’Insee, la part des personnes âgées de 60 ans et plus devrait doubler d’ici 2040, passant de 20 % à 40 %, sous l’effet de l’arrivée aux grands âges des générations les plus nombreuses aujourd’hui et de l’installation de retraités dans le département. Le départ des jeunes adultes, pour se former ou trouver un emploi devrait également contribuer au vieillissement accéléré de la population, dont l’âge moyen passera de 36,2 à 47,7 ans en 2040. À cette date, la Guadeloupe sera la troisième région la plus âgée de France derrière la Corse et la Martinique.  Un autre indicateur, le taux de dépendance vieillesse, rapport entre le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus et celui des individus d’âge actif (20-59 ans), pourrait tripler d’ici 2030. Avec environ 70 personnes de 60 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 59 ans en Guadeloupe, notre taux de dépendance serait alors supérieur à celui de la métropole (61 %). Aussi, constatons que les plus de 75 ans représentent 7,1% de la population en 2013 contre 4,5 % en 1999. Or, le taux d’équipement en établissements d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes (EHPAD) est très faible sur le département (17 pour 1 000 personnes de 75 ans et plus contre 93 au niveau national). Le chômage et la précarité de nombreux actifs font craindre des conditions difficiles pour les futurs retraités qui risquent de ne pas pouvoir bénéficier autant qu’aujourd’hui de la solidarité familiale. En Guadeloupe, le montant de l’APA versé par le Conseil Général en 2013 est de 55,5 millions d’euros soit un total de 7 694 bénéficiaires.

 

crédit photo : Cédrick Isham Calvados

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