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LES PROMESSES DU PRÉSIDENT HOLLANDE FACE À LA RÉALITÉ DU TERRAIN ÉCONOMIQUE.

26/06/2016

 

Entre inverser ou redresser la courbe du chômage, le président de la République, François Hollande ne sait plus tout à fait ou donner de la tête. Pourtant, dès son arrivée au pouvoir le 6 Mai 2012, il avait clairement affiché sa détermination de livrer une guerre sans merci contre le chômage. Lors de son discours télévisé le 9 Septembre 2012, il déclarait « Mais moi, je considère que je suis en situation de combat et à partir de là, je ne veux pas simplement regarder le passé. Le passé, il compte, il pèse mais je dois engager l’avenir ». Beaucoup d’observateurs, et non moins bien commentateurs lui prêtent un discours va-t’en-guerre contre le chômage et singulièrement le 18 Janvier 2016, lors de la présentation de ses vœux au monde économique lorsqu’il décrétait un « état d’urgence économique et social ». Comment ne pas voir une liaison directe entre les attentats du 13 Novembre 2015, qui ont fait 130 morts, 352 blessés et l’état d’urgence économique et social ?  

 

Dès le début de son quinquennat, le chef de l’État, qui est aussi le chef des armées avait revêtu ses habits de parades militaires et entrait en guerre ouverte contre le chômage, lequel fait plusieurs millions de victimes en France depuis plusieurs années.  Le 6 Mai 2015, trois ans après l’arrivée de François Hollande, le chômage a progressé de 21%, soit 614 000 chômeurs en plus qui sont venus garnir les rangs de Pôle emploi, le nouveau record du chômage s’est établi à 5,344 millions en France métropolitaine et 5.645 millions en comptabilisant les départements d’outre-mer. La Guadeloupe n’est pas en reste, ici plus qu’ailleurs le contexte économique est plus alarmant, les chiffres du chômage explosent littéralement sous les effets combinés de l’étroitesse des marchés qui se caractérise en outre par la faiblesse de l’activité, aux fortes augmentations de la population active, à l’important retard des niveaux de formation, à l’insularité, d’une forte dépendance aux importations, d’une exportation marginalisée … En 2014 le taux de chômage en Guadeloupe était de 23,7% contre 9,9% à la même période en France métropolitaine, au-dessus de la Guyane 22,3% et de la Martinique 19,4%.  Pour l’année 2015, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à pôle emploi de catégorie A s’établissait à 57 090 en Guadeloupe. Et de 65 120 demandeurs d’emploi pour les catégories ABC, fin décembre 2015, ce chiffre progresse de +0.9% sur un an. La catégorie A recense les demandeurs d’emploi tenus d’accomplir des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi. La catégorie B correspond aux demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (78 heures ou moins au cours du mois). Enfin la catégorie C, correspond aux demandeurs d’emploi tenus de réaliser des actes positifs d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (plus de 78 heures au cours du mois).

 

Le plan de la dernière chance avant les élections présidentielles de 2017. Face à cette situation de crise persistante, le président de la République ne s’avoue pas vaincu, le 18 Janvier 2016, il lançait au pas de charge son nouveau plan pour l’emploi évalué à 2 milliards d’euros dans l’ultime optique, cette fois-ci de changer la donne dans un pays miné par un chômage de masse. Pour le moment il est difficile de préjuger de l’efficacité des mesures annoncées, et cela est d’autant plus vrai que les dispositifs précédents n’ont pas réussi à inverser, ni à redresser la courbe du chômage. Néanmoins, l’analyse des mesures proposées par François Hollande entraîne d’emblée de nombreux questionnements  entre l’objectif visé avec ostentation par rapport aux véritables besoins des entreprises, et plus singulièrement des TPE et des PME (Très Petites Entreprises, et les Petites et Moyennes Entreprises), qui sont plus aptes à créer de l’activité et par effet ricochet de relancer la croissance économique Française. La France, contrairement à ses partenaires Européens a très peu profité de la baisse du prix du baril du pétrole qui s’est accélérée durant ces derniers mois, du ralentissement de la croissance Chinoise entre d’autres facteurs favorables aux économies mondiales. En effet, de lourds handicaps continuent de peser sur notre pays parce que nos dirigeants politiques manquent d’audace et de courage pour lancer enfin le train des grandes réformes nécessaires au soutien et à la relance de la croissance économique, dont on peut citer l’indispensable simplification du code du travail, la baisse du niveau des charges sociales et salariales. En parallèle, d’autres agrégats économiques comme le PIB par exemple (Produit Intérieur Brut), soulignent le degré de morosité de l’activité économique en France : En 2015, l’activité a progressé de 1,1% en France, c’est bien moins que la plupart de ses partenaires et concurrents européens. L’Allemagne a vu son PIB (Produit Intérieur Brut) progressé de 1,7%, au Royaume-Uni c’est une hausse de 2,2% qui a été observée alors que l’Espagne affiche au compteur une croissance soutenue de 3,2%. Des points de croissance en moins, ont mécaniquement un impact sur le niveau du chômage, c’est ainsi  que le taux de chômage en Allemagne est de 4,5% comparé au 10,8% en France en 2015. Le CICE (Crédit Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi) est un avantage fiscal qui concerne les entreprises employant des salariés et équivaut à une baisse de leurs charges sociales. Le dispositif du CICE s’attaque, il est vrai à la problématique récurrente des charges sociales, en revanche sa mise en œuvre reste d’une remarquable complexité, une usine à gaz et, de ce fait il est jugé comme rédhibitoire par les chefs d’entreprises. Si le CICE avait été conçu de manière plus simplifiée, il aurait gagné en efficacité et permis de booster une croissance économique en berne.

 

 

Les principales mesures du plan de François Hollande estimées à plus de 2 Milliards d’euros.

• Le CICE est transformé en  « baisse définitive des charges sociales »,

• Une prime d’embauche immédiate de 2.000 euros par an pour les PME (Petites et Moyennes Entreprises) jusqu’à 1,3 le SMIC, 

• 1 Milliard pour former 500.000 chômeurs,

• Augmentation des contrats de professionnalisation, qui devraient passer de 50.000 bénéficiaires, contre 8.000 actuellement,

• Étendre les compétences des régions en matière de formation et d’apprentissage,

• La future réforme du Code du travail accordera aux entreprises de nouveaux assouplissements sur le temps de travail,

• Le crédit impôt recherche sera « pérennisé »

 

Les effets prévisibles du plan de François Hollande en Guadeloupe. En Guadeloupe, le marché de l’emploi est nettement plus exposé qu’en France métropolitaine, les chiffres du chômage témoignent de graves difficultés endogènes qui nécessitent de prime abord une démarche plus volontariste, plus adaptée aux contraintes insulaires, des moyens financiers taillés sur mesure, ainsi qu’une montée en charge efficiente et rapide de la synergie Etat/Région en matière de formation professionnelle. En la matière, François Hollande s’est dit « prêt à modifier la loi nécessaire » pour « étendre les compétences des régions » sur la formation et l’apprentissage. « Je sais que les présidents des régions souhaitent faire des propositions, voire expérimenter de nouveaux dispositifs(…). Le gouvernement est prêt à faciliter toutes les expérimentations possibles, et même à modifier la loi si c’est nécessaire pour étendre les compétences de ces grandes collectivités », a-t-il déclaré, rappelant que les régions disposaient de « compétences importantes » en matière de formation et d’apprentissage.

 

En conclusion, la région Guadeloupe devra, elle, s’accaparer de toute urgence du vaste et impérieux chantier de la formation professionnelle, de l’apprentissage en formulant très rapidement une feuille route et des propositions à la carte au président de la République et au gouvernement. La voie est désormais ouverte, Ary Chalus, élu nouvellement à la présidence de la région Guadeloupe dispose par l’intermédiaire de l’adaptation de la loi de moyens d’actions nouveaux  pour faire reculer le chômage qui frôle, ici dangereusement la barre des 30 %. Par cette fenêtre ouverte, la décentralisation est renforcée, en outre les présidents de régions ne pourront plus se cacher derrière l’État pour justifier de la morosité économique de leurs régions, en feignant de prétexter que l’emploi relèverait du monopole des compétences régaliennes de l’État. Par ailleurs, la nouvelle loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) promulguée le 7 Août 2015 érige La région en mini-gouvernement de plein exercice. Toutes ces mesures combinées devraient  à terme, permettre de redéfinir et repenser des formations spécifiquement adaptées aux territoires et ainsi décongestionner le marché de l’emploi qui souffre encore trop fortement de l’inadéquation patente du catalogue de formation et des offres d’emploi disponibles.

 

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