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YOANE PAVADÉ & SAÏDOU BERNABÉ | PARALLEL 14

Interview de Yoane Pavadé et Saïdo Bernadé, fondateurs de Parallel 14, la première école supérieure privée de la Caraïbe, formant aux métiers de l'animation 3D, des effets spéciaux numériques et du jeu vidéo...

De manière générale le contexte reste assez favorable à la création d’entreprise et il y a une volonté politique indéniable de développer l’entrepreneuriat dans nos régions, si l’on en juge par la multiplication des structures et des interlocuteurs dans ces domaines.

On dit qu’entreprendre aux Antilles est impossible ou encore que « vous êtes trop jeune, trop vieux », qu’il est préférable de passer un concours... Vous qui avez entre 33 et 35 ans, quels sont les moteurs qui vous ont poussé à entreprendre ?

L’idée de monter une structure dédiée à la formation dans les domaines de la 3D nous taraudais depuis plusieurs années. Nous en parlions souvent entre deux journées de boulot à Londres en tant que spécialistes de l’image de synthèse, sur les blockbuster américains. C’est finalement lorsque notre parcours professionnel nous a semblé suffisamment significatif que naturellement nous avons endossé la casquette de porteur de projet. Nous nous sentions suffisament matures pour le faire, et avec encore l’énergie de la jeunesse pour relever un tel défi. À ce stade nous avons estimé que nous étions les mieux positionnés pour monter cette structure et qu’à deux nous serions plus efficaces.

                               

Présentez-nous Parallel 14 et ses services ? Comment voyez-vous l’évolution de votre métier ?                    

Parallel 14 est la première école Supérieure privée de la Caraïbe, formant aux métiers de l’Animation 3D, des Effets spéciaux numériques et du jeu video, s’adressant à un public de jeunes bacheliers souhaitant s’orienter vers ces métiers. Parallel 14, c’est aussi un centre de formations professionnelles spécialisé dans les domaines du numérique, de la communication digitale et de la post-production audiovisuelle à destination d’un public adulte de professionnels salariés ou demandeurs d’emploi souhaitant se former aux métiers des réseaux sociaux, du web, du graphisme, de la photographie ou encore de la video. Tous ces domaines d’activité sont en perpétuel développement dans notre région et à travers le monde et ont donc besoin de main d’oeuvre qualifiée. Ce qui amène Parallel 14 à se développer en adéquation avec la demande du marché, à s’équiper et à contribuer à la structuration et la professionnalisation de ces domaines dans la caraïbe.
 

Quel est le statut juridique de Parallel 14 et comment avez-vous financé ce dernier ?

Nous sommes en SAS (Société par Actions Simplifiée), et notre activité est financée à ce jour en fonds propres.

                         

Selon vous, nos responsables politiques ainsi que les différentes structures en charge de l’accompagnement des porteurs de projet sont-ils en phase avec la réalité du terrain entrepreneurial ?

De manière générale le contexte reste assez favorable à la création d’entreprise et il y a une volonté politique indéniable de développer l’entrepreneuriat dans nos régions, si l’on en juge par la multiplication des structures et des interlocuteurs dans ces domaines. Maintenant cette structuration est encore récente et les informations données aux porteurs de projets peuvent parfois paraître incomplètes ou imprécises. D’autres facteurs s’ajoutent, comme la difficulté de trouver des locaux concordants, avec des tarifs décents pour les startup, les infrastructures de transport ou de télécommunication en cours de reorganisation ou encore certaines lourdeurs administratives... Les choses peuvent encore être améliorées.

 

Peut-on dire qu’il manque aux Antilles une culture de l’entreprise ?

On ressent bien que l’entrepreneuriat n’est pas inscrit dans la culture populaire antillaise. Nous avons encore le réflexe de rechercher la stabilité et la sécurité de l’emploi et ça se comprend par ces temps de crise. Malgré tout, nous assistons à une transformation des mentalités. À une affirmation des jeunes de la nouvelle génération. La volonté de se structurer et de faire fructifier son activité est bien réelle chez certains, et on observe par conséquent une augmentation sensible du nombre de créations d’entreprises sur nos départements. On se rapproche donc du but.

 

L’entreprenariat selon vous, peut-il être LE remède face au chômage ?

Le problème du chômage est complexe. Parler de remède voudrait dire que c’est une maladie et qu’un jour nous pourrions en trouver une cure. Hors le chômage est l’un des fléaux d’un système bien établi qui ne peut fournir un emploi à chaque individu. L’entrepreneuriat est un facteurs de développement de l’économie d’une région ou d’un pays, en théorie, en proposant de nouveaux services et produits, l’entreprise peut générer de la richesse et favoriser la création d’emplois. Tel est en tous cas le souhait de nombreux chefs d’entreprise mais encore faut-il qu’ils soient en mesure de le faire et que les politiques mises en place les y encouragent. D’autres problématiques se rajoutent d’ailleurs à l’équation, comme la qualification des profils recherchés pas toujours en phase avec les besoins des entreprises ou encore la rigidité des contrats...

                                           

Que représente l’entrepreneuriat pour vous ?

Passer de l’idée au projet, prendre des risques, concrétiser un concept, pouvoir le maîtriser dans sa réalisation et travailler à le faire prospérer tout en répondant aux attentes d’une clientèle que l’on se crée. En d’autres termes, il s’agit vraiment de mettre nos compétences et expériences accumulées au service d’un projet avec un potentiel de développement tant économique que personnel. C’est à la fois un aboutissement et un point de départ.

                                           

Vouloir devenir son propre boss, est-ce une raison suffisante pour entreprendre ?

C’est l’un des facteurs motivationnel, à condition que l’on ait la rigueur de l’employé modèle autant que celle du gestionnaire visionnaire. Mais il faut surtout commencer par avoir un projet viable économiquement et répondant à une problématique concrète, avec l’intime conviction qu’il doit voir le jour et perdurer malgré les nombreux sacrifices que cela va demander au préalable.

 

Quels sont les avantages et les inconvénients de l’entrepreneuriat ?

On parlait de sacrifices justement, c’est beaucoup de temps et pas beaucoup d’argent dans les premier temps, pour parler d’abord des inconvénients. Notre volonté, notre patience, notre capacité d’anticipation et notre persévérance sont en permanence mises à l’épreuve. C’est aussi plus de temps à gérer de la paperasse, des email ou des coups de fil qu’à pratiquer l’activité qu’on développe. En revanche, c’est le plaisir d’échanger avec des interlocuteurs très variés, qu’ils soient politiques, entrepreneurs, passionnés, supporters, détracteurs, particuliers... Le plaisir de voir des clients, étudiants ou stagiaires satisfaits et de voir le projet prendre forme un peu plus chaque jour, gagner en pertinence, en rentabilité, en popularité et en potentialité d’évolution.

                                           

On parle de plus en plus de « métier d’entrepreneur » dont de formation entrepreneuriale. Aujourd’hui avec le recul, pensez- vous qu’il soit important de se former pour entreprendre ?

Il est indispensable de se former un minimum pour éviter les erreurs qui pourraient compromettre la viabilité à moyen terme de l’entreprise et gagner du temps. Que la formation soit directe, via un cursus initial ou continu, ou indirecte par un mentor ou un accompagnateur qualifié, c’est une étape essentielle dans l’élaboration du projet. La fibre entrepreneuriale fera le reste, surtout qu’il s’agit là d’un métier à part entière au delà du domaine d’activité que nous maîtrisons souvent déjà.

                                  

Avez-vous eu des moments de doute à un moment donné ?             

On en a régulièrement, à toutes les étapes de l’évolution du projet, mais notre fonctionnement en binome nous aide à les surmonter rapidement et nos résultats et nos succès nous aident à garder la tête haute et maintenir le cap.

                         

Demander conseil, c’est reconnaître qu’on fait face à un problème. Est-ce difficile pour un entrepreneur ?     

Ce ne sont pas les problèmes qui manquent dans la mise en place du projet, ça nous semble normal de demander conseil. Le plus difficile c’est de trouver le bon interlocuteur, même si tous les conseils sont bons à prendre. En definitive, tant que l’on sait ou on va, on saura faire la part des choses.

                                  

D’ailleurs, en tant que dirigeant, vers qui vous tournez-vous lorsque vous avez besoin de conseils ?      

Les chefs d’entreprises qui ont déjà des succès à leur actif n’ont en général pas de réticence à conseiller les jeunes entrepreneurs, pour peu qu’ils arrivent à leur dégager un peu de temps. C’est une options à  laquelle nous adhérons. Certains organismes dédiés peuvent aussi nous aider à ajuster quelques détails. Nous n’oublions pas notre cercle proches, familles et amis, avec souvent un pied hors de nos domaines d’activité, de l’entrepreneuriat ou au contraire avec une expertise dans un domaine, leur attribuant la qualité de consultants sur le projet. Ils nous permettent parfois d’aborder les choses sous un angle différent et ça n’a pas de prix.

                                  

Quelle est la recette pour réussir ?       

À supposer qu’il en existe une, disons qu’il faut commencer par se lancer. “100% des gagnants ont tenté leur chance” disait la pub. Après on peut supposer que la ténacité, la créativité et la rigueur feront le reste. En tous cas on y travaille au quotidien et on espère bien que les objectifs visés et le succès seront au rendez-vous.

                                  

Après près d’un an d’existence, comment comptez-vous vous développer dans les années à venir?   

Accueillir Guadeloupéens, Guyanais et Caribéens des îles non francophones au sein de nos formations et créer des échanges de compétence avec les différents départements et pays. Ça reste un de nos principaux objectifs, car le projet n’a jamais été pensé autrement que caribéen. Amener nos premières promotions du cycle initial en fin de cursus, avec des projets de films et de jeu video diffusés à l’international et les accompagner à s’insérer  sur le marché du travail national ou international. Accroître notre offre de formations professionnelles, avec un catalogue répondant à des besoins ciblés. Le projet a encore du potentiel de développement au delà de ces points, mais “one step at a time”, le meilleur est à venir.

                                  

Quels conseils donneriez-vous aux porteurs de projet ?                                 

Même s’il parait prématuré pour nous de donner des conseils, nous pouvons néanmoins partager un leitmotiv : Restons en phase avec ce qui se fait à l’échelle internationale, pour faire avancer les Antilles, la Caraïbe et contribuer à consolider le tissus entrepreneurial local en adéquation avec le marché mondial. Et surtout sachons prendre du plaisir à cette aventure ! 

 

 

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