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LA GRANDE INTERVIEW | JEAN-PHILIPPE COURTOIS

Porte-parole du Collectif des Incorruptibles et Conseiller Régional de la majorité, il fait partie de ces jeunes qui forment la nouvelle garde du Président de Région. Récemment nommé à la tête de l’école de la Deuxième Chance, Jean-Philippe Courtois compte bien faire de ce dispositif un outil de proximité et un atout majeur pour la formation et la réinsertion des jeunes.

Aux dernières régionales, vous aviez signé un tandem avec Joël Beaugendre l’actuel maire de Capesterre-Belle-Eau en faveur d’Ary Chalus. Ainsi, allez vous continuer à combattre la politique de ce dernier ou vous taire en guise de service rendu ? En clair, avez-vous abandonné vos ambitions pour la commune ? 

S’engager en politique nécessite qu’on le fasse avec abnégation et volonté de servir l’intérêt général. Lors des dernières élections régionales, la municipalité conduite par Joel Beaugendre et moi-même avons fait le choix de faire cause commune autour d’un programme et d’une équipe rassemblée autour d’Ary CHALUS. L’objectif pour nous était de dénoncer une pratique de politique politicienne archaïque qui veut qu’un exécutif régional néglige les municipalités qui sont de famille politique différente de la sienne. En faisant cela l’ancien président de région a délibérément sacrifié le développement économique de Capesterre au détriment de communes gérées par des socialistes.  Aujourd’hui élu, il revient de ma responsabilité de travailler en bonne intelligence dans l’intérêt de Capesterre Belle Eau. Etre un opposant stérile n’a jamais fait avancer ni améliorer la condition de ceux qui nous entouraient. Ma fonction de conseiller régional me confère l’obligation de démontrer ma capacité à proposer et à réaliser, pour ma commune et pour la Guadeloupe. 

 

Fin février 2016, la Guadeloupe comptait 64 370 (cat A, B et C) chômeurs dont 7 260 jeunes de moins de 25 ans. Quelle analyse faites-vous de ces chiffres ? 

Il s’agit de chiffres intolérables. Nous ne pouvons imaginer un territoire tel que la Guadeloupe  avec un chômage aussi important. Ces chiffres cachent en réalité, la détresse de familles entières et la perte de confiance en l’avenir pour bon nombre de nos jeunes. L’emploi a été au cœur du programme de la liste « changez d’avenir » qu’a conduit Ary CHALUS. Aujourd’hui, les orientations budgétaires démontrent la volonté du président de région de faire de l’emploi sa priorité (émargement au plan 500 000 formations, accompagnement de l’agriculture et de la pêche, restructuration du plan régional de la formation, …) 

 

D’un point de vue régional, quels sont les verrous au retour à l’emploi ? 

Aujourd’hui, nous avons besoin d’une région stratège. C’est-à-dire d’une collectivité au sein de laquelle, chaque euro dépensé est un euro utile. La collectivité régionale a débuté une concertation avec les organismes de formation dans l’optique de mettre en lumière les secteurs les plus porteurs. Nous devrons renforcer les passerelles entre les différents organismes devant prendre en charge le demandeur d’emploi afin de sécuriser son parcours en termes d’apprentissage et de débouchés. Aussi, la collectivité régionale doit être ambitieuse dans son approche du développement économique et pouvoir projeter son territoire dans les 20 ou 30 prochaines années. Pour ce faire, son schéma de formation doit pouvoir préparer le demandeur à répondre aux attentes immédiates du chef d’entreprise mais aussi aux emplois de demain. Les acteurs économiques, seuls à pouvoir créer des emplois en nombre, doivent pouvoir s’appuyer sur la collectivité régionale et l’État afin d’être accompagnés dans leur structuration et leur implantation sur de nouveaux marchés.

 

L’État dépense 32 milliards d’euros par an pour la formation professionnelle. Pourtant, les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements. Peut-on parler de gâchis ?

Vis-à-vis de cet investissement, il revient d’analyser de façon spécifique comment il s’est décliné dans chaque région. L’offre et la demande étaient-elles corrélées aux spécificités de chaque territoire ? Les attentes du monde économique, seul pourvoyeur d’emplois, étaient-elles bien prises en compte ? La volonté de l’État de se recentrer autour des régions démontre la nécessité de territorialiser les actions en faveur d’une politique de la formation efficiente.

 

Que pensez-vous du gouvernement lorsqu’il annonce un plan de formation pour 500 000 chômeurs ?

Il revient, effectivement de souligner que l’accès à la formation ou la capacité pour un chômeur de repenser son projet professionnel peuvent être des atouts. Ce plan a le mérite de permettre à la collectivité régionale de repenser son offre de formation en tenant compte des spécificités de son territoire. Il permet aussi aux différents organismes de formation de mutualiser leur ingénierie pour un meilleur suivi en termes d’offres et d’accompagnement du demandeur d’emploi. L’objectif singulier de celui-ci est d’offrir une formation aux demandeurs peu qualifiés. Car, la clé de leur insertion ou retour à l’emploi se situe au niveau de leur capacité à justifier d’une qualification. Leur formation les rendra éligibles aux doléances des chefs d’entreprises.

 

Justement, comment jugez-vous la coproduction entre l’État et les collectivités sur le plan de formation de 500 000 chômeurs ? 

La loi Notre a permis de clarifier l’organisation globale autour de la formation en permettant à la région de piloter la politique de formation sur son territoire.  L’Etat et la région doivent marcher main dans la main afin d’enrayer le chômage. Le plan 500 000 doit être vu comme la première étape d’une politique encore plus volontaire basée sur la concertation et la prise en compte des adaptations nécessaires pour chaque région.

 

« La formation fait partie des budgets qui ont été renforcés. Le président Chalus tient à démontrer par ce geste la priorité donnée à la jeunesse du pays. »

Quels sont les défis qui attendent la Guadeloupe pour améliorer la formation professionnelle des demandeurs d’emploi ?

De nombreux défis nous attendent ! Dans un premier temps, il est indispensable de vulgariser les dispositifs qui existent afin de pallier à la  méconnaissance de leurs attributions. En second lieu, il faut répondre au fait que les demandeurs ont de plus en plus de mal à pousser la porte des institutions. Il faut que nous arrivions à faire venir les dispositifs directement à eux sur les « bik ». L’objectif est de recréer un lien de confiance. Et, dans le cadre du plan régional de la formation, la région propose de mettre en place des passerelles entre les dispositifs afin de baliser le parcours du demandeur d’emploi. Il nous faut matérialiser l’impérieuse nécessité de collaboration entre ceux-ci (ER2C, Guadeloupe Formation, URMA, …) pour une meilleure prise en charge.

 

Vous êtes depuis le mois de février dernier, le Président de l’école de la Deuxième Chance. Pouvez-vous nous expliquer le rôle et la fonction première de cet établissement ? 

L’ER2C fait partie d’un dispositif national qui accueille les jeunes de 18 à 25 ans sortis du système scolaire depuis plus d’un an sans diplôme ni qualification. L’ER2C a pour vocation d’inculquer les notions de base aux demandeurs d’emploi (français, mathématiques, informatique, lutte contre l’illettrisme et anglais) en leur octroyant le statut de stagiaire de la formation afin de préparer leur remise en parcours. A cette remise à niveau, est couplé un accompagnement spécifique pour chaque jeune afin de définir ses choix et orientations professionnelles.   Des immersions en entreprise sont prévues durant le cursus afin de renforcer les connaissances, de confirmer ou modifier les orientations professionnelles du stagiaire et de lui permettre de connaitre le fonctionnement réel d’une entreprise. 

 

Les Écoles de la deuxième Chance, sont-elles des tremplins pour l’emploi des jeunes ?

L’ER2C prépare le jeune à une insertion ou une réinsertion. Sous l’impulsion de la collectivité régionale conduite par Ary CHALUS, l’ER2C a pris pour orientation d’ouvrir son panel de formation, d’innover afin que l’orientation proposée aux stagiaires répondent soit à la possibilité d’une poursuite vers une formation diplomante ou à un emploi immédiat. L’ER2C a la capacité d’accompagner les stagiaires vers la création de leur entreprise ou vers des emplois directs. L’ER2C dispose d’un service de suivi post-école afin d’accompagner tous ceux qui seraient arrivés à la fin de leur cycle vers un emploi ou l’approfondissement de leur projet de vie. Aucun stagiaire ne quitte le dispositif en étant livré à lui-même.

 

Plus globalement, comment comptez-vous rendre cet outil plus attractif pour les jeunes ? Et comment jugez de l’efficacité de ce dernier ? 

Aujourd’hui, il nous faut tendre à vulgariser cet outil. Il est indispensable d’en faire la publicité afin que le plus grand nombre d’entre nous connaisse ses attributions. L’objectif à court terme est que l’ER2C devienne un outil de proximité. Pour ceci, il faudra se rendre au contact du public qu’elle vise, grâce à une équipe devant sillonner les lieux où se rassemblent les jeunes. Chaque année, nous disposons du chiffre qui correspond aux sorties positives. Soit le nombre de jeunes qui a trouvé un emploi, créé son entreprise ou poursuivi son cursus par une formation. L’objectif donné aux services de l’ER2C est de faire croitre ce chiffre chaque année.  L’objectif que j’ai proposé aux services est que nous passions de 33% à 50% d’ici 2017. 

 

La pression sur les budgets des Écoles de la deuxième chance, ne conduit-elle pas à sélectionner des formations de qualités moindres et moins ciblées sur l’objectif de qualification et donc d’emploi durable ?

De la condition faite aujourd’hui aux jeunes dépend la Guadeloupe de demain. Même dans le cadre de restriction budgétaire, nous ne pouvons faire d’économie sur la formation. L’objectif premier, demeure pour nous la construction du projet professionnel du jeune. Nous devons tout mettre en œuvre afin de répondre à ses attentes. Lors du vote du budget, la formation fait partie des budgets qui ont été renforcés. Le président Chalus tient à démontrer par ce geste la priorité donnée à la jeunesse du pays. 

 

« S’il y a une compétition électorale qui devrait s’imposer à moi, je pense qu’il s’agirait des élections municipales à Capesterre-Belle-Eau. »

Avez-vous tous les leviers vous permettant de mener à bien votre politique de formation ?  

Bien évidemment, j’évolue avec la feuille de route qui m’a été donnée par le président Chalus. C’est-à-dire que je peux compter sur la dynamique impulsée par la collectivité régionale afin d’atteindre ces objectifs. De plus, l’ER2C a la grande chance de disposer d’un personnel qualifié et consciencieux. J’y ai rencontré des hommes et femmes qui aiment leur travail et qui par-dessus tout aiment la jeunesse guadeloupéenne. De plus, dans ma mission  de gestion de l’ER2C, je suis accompagné d’un conseil d’administration dévoué à la cause des jeunes en difficultés. Ensemble, nous pourrons relever le défi.  

 

Chaque année, 140 000 jeunes sortent de notre système éducatif sans aucun diplôme ni qualification. À votre avis, faudrait-il s’inspirer des Pays-Bas et du Royaume-Unis en rendant obligatoire la formation pour les jeunes « décrocheurs » ? 

IL faut effectivement repenser l’approche du système scolaire initial. Je pense qu’il faudrait généraliser la mise en place des unités d’enseignement professionnel. Ceci, permettrait, dans un parcours dit classique de vérifier le choix professionnel par des immersions en entreprise soit sous forme de stage ou d’alternance. Ceci, lutterait contre le décrochage scolaire tout en permettant de valider l’application des connaissances théoriques. 

 

Selon vous, ne faudrait-il pas ouvrir les écoles de la deuxième chance au plus de 25 ans? 

La Guadeloupe dispose déjà d’une habilitation lui permettant d’accueillir les jeunes jusqu’à 30 ans. Mais, il se pose effectivement la problématique de l’accueil des plus de 30 ans et surtout des moins de 18 ans. Car, plus tôt, nous pourrions agir et moins grandes seraient les difficultés de la remise en parcours! Une vraie réflexion doit être lancée pour notre territoire en matière de remise à niveau dans l’optique de porter des solutions au plus grand nombre.

 

Les contrats aidés s’adressant aux jeunes ne sont-ils pas des « trappes à chômage » ?

Pour éviter cela, il faut que le contrat aidé soit utilisé dans toute sa dimension. Il faut veiller à ce que le volet formation soit mis en place afin que l’utilisateur puisse jouir d’un réel apprentissage. De plus, des perspectives doivent être aussi  offertes car, comme l’a défendu Ary Chalus, en sa qualité de député, il faut que nous puissions tendre à pérenniser ces emplois dans les entreprises ayant la capacité de les consolider. Grâce à son intervention à l’Assemblée Nationale, nous disposons aujourd’hui de la possibilité de les transformer en CUI-CAE. Donc, de prolonger la présence du jeune dans l’entreprise.

 

Les entreprises, en « préférant » la tranche d’âge des 35-45 ans, n’excluent-elles pas a priori les jeunes ?

La réalité économique veut que les entreprises se tournent généralement vers un public porteur d’une certaine expérience professionnelle. Ce qui peut être pour eux un gage en termes de maitrise et de connaissance du monde de l’entreprise. Afin de pallier à cet effet, il faut que nous puissions vulgariser l’alternance. Ce qui permettrait aux plus jeunes de justifier d’un savoir-faire et d’une autonomie.

 

Croyez-vous que la politique puisse œuvrer à une transformation sociale ou est-elle impuissante ? 

Les hommes politiques ont la capacité d’influencer le quotidien mais aussi l’avenir de leurs concitoyens. Je crois en une politique faite d’audace et de conviction, permettant ainsi de dépasser toutes les barrières qui seraient un frein à l’épanouissement de la population. La volonté, la détermination et l’ingéniosité doivent être les catalyseurs souscrivant à mobiliser tous les dispositifs existants pour ainsi porter des solutions. L’élu est le garant des intérêts de sa population

 

Serez-vous candidat aux législatives de 2017 ?

Aujourd’hui, je suis un conseiller régional concentré à 200% sur ses responsabilités. Il m’a été donné la chance de devenir un élu et je ne saurai gâcher cette chance en me dispersant. Je souhaite profiter de cette opportunité afin de démontrer aux Guadeloupéens et aux Capesterriens ma capacité à réaliser et à impacter leur quotidien. S’il y a une compétition électorale qui devrait s’imposer à moi, je pense qu’il s’agirait des élections municipales à Capesterre Belle Eau. Donc, d’ici là, j’espère que j’aurai déjà fait mes preuves afin que ma candidature s’impose comme une évidence pour les Capesterriens.

 

 

 

 

 

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