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CHLOREDÉCONE : EXIGEONS JUSTICE, TRANSPARENCE ET VÉRITÉ.

 

Le chlordécone est un pesticide faisant partie des organochlorés. C’est une substance très stable, qui se dégrade difficilement et qui s’accumule durablement dans les sols et les graisses. Cette molécule, dont la dangerosité était connue, a été commercialisée légalement en France entre 1981 et 1990 sous le nom de Curlone. Durant de nombreuses années, ce produit antiparasitaire de lutte contre le charançon a été utilisé par les producteurs de bananes de Martinique et de Guadeloupe. Alors que l’usage du chordécone a été définitivement banni en 1990 en France métropolitaine, les préparations à base de chlordécone n’ont été interdites d’usage dans nos deux régions qu’en 1993, suite à deux arrêtés ministériels qui ont autorisé les importateurs des Antilles à continuer à vendre et utiliser du chlordécone pour écouler leurs stocks. À aucun moment, les autorités concernées par l’homologation, le contrôle, l’utilisation, la prévention et les risques ne se sont inquiétés des conséquences auxquelles le chlordécone expose l’Homme, en dépit des nombreuses études et rapports alarmants à ce sujet. Résultats : des sources d’eaux de captage ont été polluées par ce produit et des végétaux sont contaminés, plus particulièrement les légumes racines (dachine ou madère, malanga, igname, patate douce…etc). C’est pourquoi, le 23 février 2006, les associations Union des consommateurs, S.O.S Environnement Guadeloupe, l’Union des producteurs agricoles de la Guadeloupe, soutenues activement par Les Verts Guadeloupe, ont déposé plainte contre X afin que les responsables de la pollution au chlordécone qui affectent les sols et la santé de la population de la GUADELOUPE soient identifiés et sanctionnés.

 

Les conséquences de cette grave pollution sont à la fois sanitaires, économiques et écologiques. Les résidus de chlordécone sont présents dans de nombreux produits agro-alimentaires. Le chlordécone est "un perturbateur endocrinien" et classé "cancérogène potentiel" par l'OMS depuis 1979. De nombreuses études ont été publiés sur les risques sanitaires liés à la contamination au chlordécone : cancers, malformations congénitales, infertilité, problèmes neurologiques ou encore système immunitaire affaibli. L'une des conséquences de l'exposition au chlordécone est le risque 20% plus élevé de développer le cancer de la prostate. Ce lien de causalité est mis en exergue dans l'étude épidémiologique de l'INSERM, menée par les Professeur Pascal BLANCHET et le Docteur Luc MULTIGNER et publiée dans un rapport intitulé « KARUPROSTATE ». En Guadeloupe, l’Etat n’a jamais mis en place un dispositif permettant concrètement de satisfaire à l’exigence de transparence et de traçabilité, définie par l’article L.214-1-1 du Code de la consommation comme la procédure permettant de connaître l’origine des produits ainsi que les conditions de leur production et de leur distribution . Plutôt que d’interdire de manière absolue la consommation de produits « chlordéconés », les autorités françaises on instauré la réglementation dite des LMR (limites maximales de résidus). Arrêtée après avis de l’AFSSA, cette réglementation autorise la consommation de « doses journalières admissibles » de chlordécone, comme l’expliquait fort bien le remarquable documentaire de Marie-Monique ROBIN sur ARTE, le 17 mars 2011, « Notre poison quotidien ». L'Etat a failli à sa mission de santé publique qu’il tient de l’alinéa 11 du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 qui précise « la nation garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs ».

 

Outre les conséquences sanitaires de la pollution au chlordécone, il y a aussi indéniablement son impact économique. Désormais, les terres dont les agriculteurs sont propriétaires sont devenues impraticables pour certaines cultures et ont incontestablement perdu de la valeur. Certains élevages aquacoles en eau douce ont dû cesser de commercialiser leur production. Il en résulte un préjudice considérable pour ces acteurs économiques. Il en est de même des pêcheurs qui voient leur espace maritime fortement réduit par l’interdiction de la pêche côtière au large des communes polluées de la Basse-Terre. Faillites et désespoir règnent dans ces secteurs économiques. En 2011, on estime que 6.500 hectares de terrain qui ont porté des bananiers en Guadeloupe (zone sud de la Basse-Terre) et 14.500 hectares en Martinique (Nord-Est), sont encore contaminés par ce produit, d'après les chiffres de la Direction générale de la santé (DGS), coordinateur interministériel du Plan d'action Chlordécone. 

Grâce à la mobilisation des écologistes et des agriculteurs, notamment, il faut reconnaître que quelques avancées, notamment en termes de recherche agronomique, environnementale et biomédicale , ont été impulsées par l’Etat, malgré une faible coordination.

Malgré ces molles avancées, les associations d’écologistes et certains agriculteurs poursuivent leur combat, avec l’appui de Caraïbe Ecologie – Les Verts Guadeloupe (CELV), devant le Juge d’instruction du Pôle santé du Tribunal de grande instance de Paris, contre les responsables publics et privés de cette vaste contamination. Dans ce domaine judiciaire aussi, beaucoup de petits pas ont été accomplis dans notre quête de Vérité et de Justice.  Ainsi, après nous être battus victorieusement pour faire reconnaitre notre plainte recevable, nous avons obtenu que le Juge d'instruction finisse par ordonner une expertise afin d'éclairer sur l'état des connaissances sur la toxicité du chlordécone à l'époque des dérogations à l'interdiction accordées pour la Guadeloupe et la Martinique entre 1990 et 1993. Et aux termes de leurs deux rapports, les experts MULTIGNER et NARBONE font la démonstration que les gouvernants et les vendeurs de chlordécone savaient, ou ne pouvaient ignorer les conséquences néfastes et séculaires de cette molécule pour l'environnement et les êtres humains, car ces connaissances étaient publiquement disponibles et accessibles.

 

Face à l'inertie des autorités judiciaires françaises, qui peinent à s'auto-juger, nous avons lancé une pétition qui a recueilli un millier de signatures sur le net et nous l'avons introduite devant la Commission des Pétitions du Parlement européen qui l'a jugée recevable et a saisi la Commission européenne afin que des investigations soient menées quant aux manquements commis par la France dans la prévention et la gestion de cette catastrophe écologique et sanitaire. 

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