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L'ÉCONOMIE CIRCULAIRE, COMME SECONDE PEAU

08/12/2016

 

Quand l’économie circulaire s’intègre de façon concurrentielle dans l’approche économique classique. Le cas GLOASANVE. de la peau d’animal au cuir, du cuir à l’accessoire de mode.

 

Comme disait Gandhi, « l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul». Nous avons choisi dans ce numéro de vous montrer l’exemple d’un projet innovant, qui au final plaira tant aux fanatiques de mode, qu’aux personnes soucieuses de notre environnement. Elégante et raffinée, la chaussure GLOASANVE se définit par un matériau élaboré, des couleurs chaudes et une force particulière qui semble se focaliser dans le talon. Mais derrière cet objet de mode qu’est une chaussure, se cache un véritable exemple d’économie circulaire mené par une femme engagée et volontaire : Corinne THIMODENT NABAL. FOCUS partage avec vous son portrait.

 

L’histoire de Corinne est un tout, il faut d’abord partir de 2007, où à la tête de son agence FIGURE RP elle travaille sur une plateforme destinée à créer une émulation et une communion avec les pays de la Caraïbe : car, comme elle l’affirme, « nous avons des points communs identitaires, culturels et patrimoniaux mais nous avons chacun une façon particulière et singulière de les aborder. Mon objectif était avec toutes ces singularités de faire émerger une pensée commune ». Il fallait pour cela trouver des outils communs, Corinne se demande alors quel objet pourrait représenter ce lien ? Quelle matière pourrait l’illustrer ? La médiation, c’est agir là où il y a une faille et partager les données permettant de la combler. De ces réflexions émerge une matière : la PEAU…. le cuir. Mais elle ne s’est pas arrêtée là et a voulu aller plus loin dans sa réflexion en cherchant à savoir qui fabriquait le cuir ? Pour le savoir elle va voir les abattoirs, et elle se lance. Son mari lui parle de l’appel à projets de Guadeloupe Expansion qui l’accompagne dans le financement de l’étude de faisabilité d’une usine de production sur le territoire. Puis elle se rend aussi à Lyon au Centre technique du cuir qui voit dans le projet guadeloupéen, un projet exemplaire. Ça y est, l’aventure MFCI est lancée. Puis vient la partie technique, en 2011, le FEADER lui octroie une subvention pour une étude d’application visant à valider le projet industriel, qui sera au final la vente de cuir aux autres, avec en parallèle un projet de formation et une usine de production. En 2015, elle envoie le dernier rapport FEADER avec la notion de pré tannage et surtout la prise en compte de l’impact environnemental. En parallèle, se dessine la marque GLOASANVE qui est une offre de choix supplémentaire, se positionnant sur du «hors saison », pour des femmes exigeantes sur l’origine de leurs produits. Pour faire le tour de la question, Corinne s’attache à répondre à la mesure 124 du FEADER (Fonds Européen Agricole pour le Développement Durable) Coopération en vue de la mise au point de nouveaux produits, procédés et technologies : car, pour sa créatrice, cela permet à partir du cahier des charges de la marque de pré visualiser les formations à mettre en place. Ces dernières devraient avoir lieu sur le site de l’usine, que Corinne souhaite implanter en Guadeloupe, qui sera donc une véritable déclinaison du plan de formation.

 

Sa place dans l’économie circulaire : « Pour moi, l’Economie circulaire se décline en plusieurs phases : la première qui va de l’optimisation de notre consommation d’énergie au choix du matériel pour éviter les déperditions, notamment dans les techniques de ventilation, et la deuxième phase qui s’effectue dans le choix de nos procédés de solvants qui sont à base d’eau (dans un système de circuit fermé ne déversant aucun effluent dans le circuit d’assainissement public). On se conforme donc de façon stricte à la réglementation. » 

 

Mais au-delà du côté environnemental GLOASANVE fait partie d’un tout, et participe à un mieux-être. On part d’un objet commun et d’une technique ancestrale : le travail de la peau en cuir, pour en faire un produit qui se veut identitaire. Tout est partie du questionnement de Madame Thimodent Nabal : « Comment on peut transformer cet héritage, en cassant le monopole de rente, en créant de nouvelles niches sur lesquelles on peut agir. » Se positionner comme une marque identitaire est une des réponses. « Beaucoup de gens sont frustrés de ne pas avoir d’éléments qui nous différencient des autres. Prenons l’exemple de la marque Versace qui représente un art de vivre : quand les personnes sont conquises par une marque, elles adoptent le style de vie qu’elles véhiculent. « Porter un Vuitton donne une belle assurance à une femme, en ce que cette marque incarne l’élégance à la française : demain, une femme se sentira aussi à l’aise avec sa GLOASANVE, parce que notre art de vivre sera pareillement valorisé », se dit Corinne. Il faut penser la marque comme un tout, comme un produit qui traduit l’art de vivre créole. Sa marque c’est aussi 7 symboles qui illustrent la force et les multiples facettes de la femme. « Simplicité et finesse mais aussi une impression de force (matérialisée dans le talon), voici comment je définirais la marque. » Bien que Corinne ne soit pas issue du milieu de la mode, elle a baigné dedans dès son plus jeune âge, sa mère était très « mode » et sa grand-mère couturière, ce qui lui a donné le goût des belles choses et surtout l’importance des finitions « qui vous disent tout sur quelqu’un ». Aujourd’hui, l’entreprise compte deux employés et travaille avec des consultants externes. Malgré les difficultés rencontrées, cette femme est à l’image du logo de la marque : c’est une véritable étoile de mer, dont les branches repoussent quand on les coupe. Une force de caractère qui irradie ses produits et une transversalité qui la pousse à regarder plus loin, et autrement, car elle « ne construit pas contre, elle construit avec ».

 

©crédit photo FOCUS FWI

 

En savoir plus sur l'Économie circulaire.

 

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