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TERREUR ET POLITIQUE OU LA POLITIQUE DE LA TERREUR ?

 

Le territoire national est gangréné par la terreur. Des jeunes gens promis à toutes les promesses tant leur espérance de vie est prometteuse ont recours à une forme de suicide, tout en cherchant à réaliser des tueries les plus monstrueuses possibles. La terreur en terre française n’est pas exclusivement le fait d’un ennemi extérieur, a-national, étranger mais bien l’œuvre d’enfants ressortissants de la communauté nationale qui ont décidé de faire  allégeance à un dessein mortifère combiné à une ostensible haine à la France. Ces actes terroristes commis par de jeunes nationaux peuvent être étrangement rapprochés du parricide : l’acte d’assassiner son père ou sa mère. Car en effet en cherchant à infliger à chaque fois des meurtrissures violentes, et toujours plus profondes à la mère patrie, c’est l’objectif du chaos qui est recherché. On n’est pas loin du politicide qui consiste à éliminer une entité politique. Au-delà du massacre d’êtres humains c’est la représentation politique même qui fait l’objet d’un désir de destruction. Aussi, pour les artisans de la terreur, la France n’incarne pas les valeurs de la défense des droits humains mais l’altération des droits humains. Une atteinte à la dignité humaine des autres imputable à la France d’hier (pendant la période coloniale) et celle d’aujourd’hui (période post-coloniale) au travers de ses choix afférents à sa politique étrangère. Dans cette quête de comprendre le cours des événements qui nous saisis aux tripes, il est de bon aloi de convoquer Achille Mbembé qui nous fait dire qu’il y a des lectures qui interpellent, des lectures qui interprètent le temps. La dernière œuvre de Achille Mbembé en est ! Ce philosophe et écrivain camerounais a été formé dans la prestigieuse université de la Sorbonne, sise à Paris, en France.

 

 « ma préoccupation est de contribuer, à partir de l’Afrique où je vis et travaille, à une critique politique, culturelle et esthétique du temps qui est le nôtre, le temps du monde. C’est un temps marqué, entre autres, par une profonde crise des rapports entre la démocratie, la mémoire, et l’idée d’un futur que pourrait partager l’humanité dans son ensemble ».

 

Qui aujourd’hui ne pense pas que nous vivons dans un monde troublé, incertain, hautement précaire, laissant penser parfois qu’il est sans queue ni tête ? Les intellectuels, on le sait, peuvent être vilipendés, honnis, voire même tués, par certains systèmes politiques. Pourtant, ils nous aident à prendre de la hauteur en analysant à froid et en se gardant bien de hurler avec les loups. La masse d’informations dont nous sommes destinataires ne cultive pas. Elle peut même nous abêtir, nous convertir et nous priver de sens critique. Dans son dernier livre « politique de l’inimitié», Achille Mbembé nous apporte une forme de réconfort en distillant une analyse fine de la situation du monde d’aujourd’hui. Dans « Critique de la raison nègre », son essai publié aux éditions, La Découverte, en 2013, Achille Mbembé expliquait déjà la chose suivante : « ma préoccupation est de contribuer, à partir de l’Afrique où je vis et travaille, à une critique politique, culturelle et esthétique du temps qui est le nôtre, le temps du monde. C’est un temps marqué, entre autres, par une profonde crise des rapports entre la démocratie, la mémoire, et l’idée d’un futur que pourrait partager l’humanité dans son ensemble ». 

 

Dans « politique de l’inimitié », le philosophe camerounais met en lumière un monde d’aujourd’hui qui consacre l’antithèse de la fraternité. La France n’y échappe pas car sa politique extérieure de maintenant et de naguères laissent ici des traces profondes, ailleurs des stigmates dont la fraîcheur ne se dément pas malgré le temps qui passe. En d’autre terme, le retour à une fraternité vraie et sincère qui est l’ultime élément de la devise républicaine passe par l’éradication le pays, de toute « politique de l’inimitié » dont l’une des manifestations les plus visibles est cette « démarche du tri » que constituent les discriminations, brisant au quotidien l’unité nationale. En s’appuyant en partie sur l’œuvre psychiatrique et politique de Frantz Fanon, l’auteur montre comment la guerre est devenue le sacrement de notre époque. En ce début du XXIème siècle, caractérisée par ce que les occidentaux ont appelé la lutte contre le terrorisme, Achille Mbembé s’interroge sur les rapports entre la violence et la loi, la norme et l’exception, l’état de guerre, l’état de sécurité et l’état de liberté. La guerre froide a été remplacée par un affrontement du Nord  contre le Sud. De l’Occident contre l’Orient. Comment l’expliquer ? D’après notre philosophe et écrivain camerounais, ce sont : la colonisation et les conflits liés à la décolonisation qui ont laissé dans leur sillage une longue traîne de guerres et de pulsions de haine. Ces « inimitiés » marquant toujours notre époque  tâchent du sang de ses enfants (auteurs et victimes) par la terreur politique conduite au nom de la politique de la terreur.

 

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