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GRÉGORY BAUGÉ, L'ÂME D'UN CHAMPION

Mental d’acier, élégance farouche, pistard incandescent… À 31 ans, Grégory Baugé a su déployer sans fin la palette de ses talents avec comme seule ambition être le meilleur. Avec plus de 20 titres à son actif, il est aujourd’hui l’un des cyclistes sur piste les plus titrés de sa génération. En 2009, il devient d’ailleurs le deuxième coureur noir, après l’Américain Major Taylor – premier sportif noir professionnel surnommé le « Nègre volant» ou encore «Black Cyclone » - en 1899 à devenir champion du monde de vitesse. S’il a connu les grands titres, il a aussi écumé les défaites notamment lors des Jeux Olympiques de Rio en individuel. L’or, il en rêvait depuis toujours mais encore plus depuis sa dernière participation au JO de Londres où il  a obtenu l’argent. Mais l’homme qu’on aime à surnommer le Tigre n’a pas su affûté ses griffes et décrocher le graal tant rêvé à Rio. Mais sa détermination lui vaudra le bronze en équipe. Et au-delà de ce physique de colosse se laisse découvrir un homme au parcours personnel édenté par des événements qui ont fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui. Ce passionné de musique et de voiture, à la tête bien pleine avec un tour de cuisse égal au tour de taille Kate Moss est avant tout un amoureux inconditionnel de la Guadeloupe. C’est ainsi qu’après son retour de Rio et un repos bien mérité que ce champion Olympique a posé ses valises sur notre archipel pour se ressourcer et voir ses proches. Et c’est par la même occasion que nous avons profité de ce break pour le convier au sein de notre rédaction. Le contact fut fluide et j’ai pu découvrir malgré mes appréhensions un homme timide, discret et proche de sa famille, mais au caractère bien trempé et une assurance de bloc. Point d’arrogance, juste un homme droit dans ses baskets, qui s’est laissé prêter au principe de la ‘’Cover’’. Rencontre avec Grégory Baugé pour une interview « hors-piste ».

 

 

_Vous avez grandi sans votre mère, est-il difficile de se construire sans une présence maternelle ? 

Ma mère nous a laissé mon père, mes deux sœurs et moi alors que j’avais à peine un an. Donc oui cela n’a pas été facile, mais mon père a pu combler ce manque.  Et j’ai pu également compter sur le soutien de mes tantes et de ma grand-mère.

_Comment était la vie avec votre père ? 

Je n’étais pas malheureux...

_À vous entendre, il semblerait que vous lui vouez une grande admiration...

Oui, carrément. Un homme avec trois enfants, je vous laisse imaginer.

Mon père a du mérite pour ce qu’il a fait pour gérer cette situation et quand je vois comment il a su faire de mes sœurs et moi , des gens socialement intégrés , je lui dis Bravo.

_Quelle sont les valeurs qu’il vous a inculqué dont vous vous servez encore aujourd’hui ?

Le respect, le travail, la détermination et surtout le fait de toujours croire en soi.

_Enfant, étiez-vous plutôt calme ou turbulent ? 

Je dirais turbulent (mdr).

_Regrettez-vous cette époque d’insouciance ?

Non, aucun regret.

_Il parait que petit que vous vous cachiez pour regarder des films interdit aux moins de 18 ans ?

Comme tout le monde (mdr).

_Avec les filles, vous étiez plutôt timide ou séducteur ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, j’étais un grand timide. 

_Et aujourd’hui ?

Rien à changer. 

_On parle souvent des difficultés rencontrées par les jeunes de banlieue.  Pour vous qui avez grandi en banlieue parisienne, quel a été votre rapport avec la banlieue ? Êtes-vous un modèle d’exception de la réussite  banlieusarde ?

Je ne pense pas qu’il faille parler de modèle d’exception. Le sport m’a permis d’être occupé à un moment où j’aurais peut-être pu traîner avec les copains et surement prendre un autre chemin qui aurait pu être celui de la rue ou pas.

_Avoir un père présent vous a-t-il aidé à garder le cap ? 

C’est surtout par rapport à notre histoire familiale que je me devais de garder le cap. Donc depuis tout jeune j’étais obligé d’avoir une certaine rigueur.

_La notion de famille vous semble très chère …

Tout à fait.  Et cela est du au fait d’avoir vécu des moments durs et de voir comment nous sommes soudés avec mon père et mes sœurs.

_Lors d’une interview accordée au magazine Paris Match, vous déclariez toujours voyager avec votre bible. Pourquoi ?  

Parce pour moi la bible c’est sacré. Je dirais que c’est un rapport assez personnel. 

_Le premier sport que vous ayez pratiqué était le football à l’âge de 8 ans, mais cela n’a duré qu’un mois. Il parait que vous étiez trop frileux pour les entraînements en plein air ? 

Effectivement, je déteste le froid. Il faut dire qu’à l’époque que je faisais du foot pour être avec mes copains et non par passion, contrairement au vélo. 

_À quel moment avez-vous eu le déclic pour le vélo ? Il se dit que votre père y-était réticent?

Un an ou deux ans après le foot. C’est arrivé en regardant le Tour de France et aussi le Tour de la Guadeloupe. Oui, mon père ne voulait pas trop puisque il avait déjà payé une licence de football pour quatre mois.

_Du simple loisir au sport de haut niveau. Comment expliquez-vous votre fulgurante ascension ?

L’abnégation, à partir du moment où j’ai eu ma première victoire , j’ai voulu goûter encore et encore au succès. Je n’ai jamais rien lâché. Je pense aussi que sans talent ça n’aurait pas été facile.

_Comment se déroule une journée type d’entraînement ? 

Mon entraînement c’est du « bi-quotidien ». Je mange généralement 2h à 3h avant mon entraînement qui commence à 10h. J’arrête à midi et je reprends à 16h45 jusqu’à 18h30 l’après midi avec une collation à 15h.

_ Muhammad Ali disait : « J’ai détesté chaque minute de chaque entraînement ». Diriez-vous pareil ? 

Non pas chaque minute, mais cela m’est arrivé de détester certaine séance.

_En 2012, vous avez été déchu de deux de vos titres mondiaux — conquis à Apeldoorn, en vitesse individuelle et par équipe — à cause d’une suspension rétroactive pour manquement aux obligations de localisation. Peut-on dire que vous avez à ce moment payé le prix de la négligence ? 

Oui, c’était de la négligence que j’ai fort bien payé.

_Quels ont été les moments les plus intenses pour vous à Rio ? 

La médaille de bronze par équipe et mon élimination en individuel.

_Lors d’une interview accordée à Rmc Sport vous déclariez être « Depuis 2009, le meilleur de votre discipline » et poursuiviez en disant « si je suis le meilleur je dois être champion olympique ». Après deux participations  en vitesse individuelle aux Jeux Olympiques de Londres où vous remportez l’argent et à Rio où vous finissez 7ème, pouvez-vous encore dire que  vous êtes le meilleur ?

Au vue de mes résultats de 2016, je ne peux dire cela. 

‘'J’ai toujours les crocs et les griffes affûtées.’’ 

 

_Il vous manquait quoi pour décrocher l’or lors des JO de Rio? Plus de préparation ?

Pour parler que de moi je pense que j’aurai dû me concentrer uniquement sur ma personne et prendre plaisir à ce que je faisais lors de ma préparation.

_N’avez-vous pas le sentiment parfois de vous mettre trop de pression à force de perfectionnisme ? 

Non, le plus dur c’est d’avoir de grands objectifs et que les personnes qui doivent vous accompagner ne soient pas sur la même longueur d’onde que toi. 

_Peut-on encore vous surnommer le « Tigre » ?

Bien sur que oui. J’ai toujours les crocs et les griffes affûtées. 

_« Peut-être que le staff fera son bilan aussi… Il faudra se poser les bonnes questions. Avant de penser à la suite, il faut analyser cette olympiade, les bonnes et mauvaises choses. Moi je vais la faire, les athlètes vont la faire, mais bizarrement on n’a jamais la même analyse [qu’eux]. Quand on arrivera à avancer tous ensemble (...) Est-ce que ce sont les coureurs qui ne sont plus bons, est ce que c’est le staff… Il va falloir faire l’analyse. Il y a eu des moyens financiers et des moyens humains, mais est-ce que les moyens humains étaient bons, je ne sais pas.» Avec ces propos, êtes-vous entrain de mettre votre échec sur le compte de vos encadrants ?  

Non, j’ai voulu faire prendre conscience à ceux qui nous suivent que notre préparation n’a pas été optimale, notamment à cause des problèmes de management.

_Doit-il y avoir une réorganisation des instances du cyclisme ? Et comment voyez-vous l’avenir de votre sport ? 

Oui et je dirais même du sport Français. Ma vision est de réaliser des projets pour mon sport, chaque personne à une responsabilité. On a tous un rôle à jouer.

_Certains vous reproche votre arrogance démesurée… Est-ce une façon pour vous de vous protéger ou simplement de vous dire que tout est possible ?

Oui en France c’est de l’arrogance, mais pour moi c’est ma façon de voir les choses, je ne fais pas du sport de haut niveau pour me cacher. De là, je ne vois pas où est le problème quand tu dis : « Je suis fort et je veux être champion Olympique ».

_Comment expliquez vous le fait d’avoir été écarté des Championnats d’Europe de St Quentin en Yvelines en octobre dernier ?

Je n’est pas été écarté car je n’avais pas envisagé d’y participer.

_Que pensez-vous de ces sportifs de haut-niveau qui vivent avec moins de 500 euros par mois ? Est-ce une réalité que vous avez connu ou que vous vivez encore aujourd’hui ?

On parle de quels sportifs ? Attention à ne pas confondre car il y a des sportifs de haut niveau et de très haut niveau. Mais c’est une réalité que je reconnais et je pense qu’il faudrait voir à l’avenir pour changer cela. 

_L’idée de mettre fin à votre carrière vous fait-elle peur ? 

Non pas du tout, je sais que je ne suis pas éternel et qu’il faudra vite passer à autre chose.

_Qu’allez-vous faire après votre retraite ? Devenir entraineur un jour, peut-être ?

J’ai beaucoup de projets en tête, devenir entraineur pourquoi pas.

_Quel autre sport auriez-vous pu pratiquez, si vous n’étiez pas cycliste sur piste ?

Cela pourra sûrement surprendre, mais je dirai sprinter en athlétisme. 

_ Vous êtes également employé du Conseil Départemental du val de marne. Comment arrivez-vous à concilier votre carrière de sportif de haut niveau et votre vie privée ?

J’arrive à concilier les deux car le Val de marne me libère par rapport à mon sport mais j’ai quand même des obligations dans l’année

_« Le style, c’est l’homme », c’est quoi le style Grégory Baugé ? 

J’aime bien porter de beaux vêtements, par exemple des costumes bien taillé.

_Il semblerait que votre tour de cuisse équivaut au tour de taille de Kate Moss ?

Oui, j’en ai entendu parler (mdr).

_Donald Trump président des États-Unis ?

Plus rien ne me surprend dans ce monde.

_La Guadeloupe pour vous ? 

C’est dans mon sang , ce sont mes racines , une plus-value pour moi. Une terre de champions inexploitée, c’est aussi là où est toute une partie des Baugé, aux Abymes plus précisément. Un jour, j’aurai l’occasion d’y vivre si Dieu veut.

 

 

 

 

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