© 2017 by Agence Runway

CONTACTEZ-NOUS
ABONNEZ-VOUS
RÉSEAUX SOCIAUX
  • Facebook - Black Circle
  • Twitter - Black Circle
  • Instagram - Black Circle
  • Tumblr - Black Circle
  • Pinterest - Black Circle
  • Instagram - Black Circle

EMMANUEL MACRON, CHANGEMENT DE PARADIGME OU FABRIQUE DE L'HOMME MODERNE

 

Nous voilà arrimés depuis trois ans à la nouvelle galaxie d’Emmanuel MACRON ; ce personnage romanesque, énigmatique, paradoxal au parcours politique atypique, est entré comme un éclair dans la sphère politique française. Nous avons aperçu sous nos yeux l’étoile montante du gouvernement de VALLS au sein du ministère de l’Économie. Puis il est apparu comme une étoile filante quittant ce gouvernement  socialiste dans une mise en scène savamment orchestrée. Aujourd’hui, nous assistons à sa révolution en marche pour l’élection présidentielle. Toute une contradiction!  De quoi ce phénomène luminaire est-il le nom ?

De cette observation astrale, nous partons sur les chemins de la pensée pour déboucher sur l’inévitable interrogation du devenir du Monde. Longtemps, l’Occident a dominé le Monde, forte de ses victoires scientifiques et techniques. Longtemps, elle est apparue sûr d’elle-même. Longtemps elle a semblé être en capacité de prévenir l’avenir avec l’avènement de ces Etats démocratiques, avec des hommes visionnaires et gestionnaires, managers et promoteurs du bonheur promis à la terre entière. Aujourd’hui nos démocraties sont en plein doute, en crise, en proie au repli identitaire dans cette économie globalisée. Au-delà du phénomène médiatique d’Emmanuel MACRON, au-delà de sa maîtrise de la communication dans la société numérique, nous assistons à l’échelle mondiale à l’assombrissement du climat social, la dégradation de la vie publique, au déclin du pouvoir politique dans la sphère économique. De même, la profusion des « affaires », l’incapacité des partis politiques à renouveler leur  discours politique, nourrit la méfiance et le discrédit du peuple envers son élite. Ce sentiment du « tous pourris » fait le lit traditionnel des populistes, des démagogues parfois des plus abjects. Barack OBAMA nous avait fait rêver avec son « Yes, we can ». Emmanuel MACRON dans son assomption médiatique tente de nous réveiller avec sa France « En Marche ». Il se rêve au-dessus des partis politiques, plus particulièrement des querelles politiques partisanes de la droite et de la gauche.  Car il n’est ni de droite, ni de gauche mais autant de la droite que de la gauche.

 

Que devons-nous en penser, nous populations d’outre-mer ? Tout d’abord, lors de son déplacement en Algérie Emmanuel MACRON a déclaré que « la décolonisation a été un crime contre l’humanité ». Dans son intervention il explique qu’il faut dépasser enfin cette histoire pour sortir de la « culture de la culpabilisation sur lequel on ne construit rien ». Ce discours est primat essentielle pour l’avenir des relations d’outre-mer. Ensuite, longtemps, les populations d’outre-mer et leurs hommes politiques ont palabré sur les conséquences politiques et économiques des articles 73 et 74 de la Constitution,  entre l’assimilation législative et spécificité législative. Or, depuis 2008 cette organisation territoriale binaire ne tient plus. La Constitution aménage désormais une infinité de solution. En effet l’article 73 alinéa 2 de la Constitution dispose « Ces adaptations peuvent être décidées par ces collectivités dans les matières où s’exercent leurs compétences et si elles y ont été habilitées selon le cas, par la loi ou par le règlement ». Tous les Présidents de Gauche comme de la Droite ont adopté une approche pragmatique des relations entre la France et le reste de son ancien empire colonial. Cette évolution de la mentalité amorcée depuis la fin des années 90 se généralise et conduit à un véritable changement de paradigme. 

Barack OBAMA nous avait fait rêver avec son « Yes, we can ». Emmanuel MACRON dans son assomption médiatique tente de nous réveiller avec sa France « en marche ».

 

 

En effet, par l’adaptation, l’habilitation et l’expérimentation la nouvelle rédaction de l’article 73 de la Constitution a ré ouvert le champ du possible pour les populations d’outre-mer avec leurs collectivités. Nous ne devons plus attendre du Ciel, de la France, cet homme providentiel pour l’amélioration de notre devenir. Nous devons nous mettre en action, en marche, être nos  propres développeurs de nos vies, l’architecte de notre existence. Nous devons nous « Met en wout » tels des gouverneurs de la Rosée. Car Emmanuel MACRON n’est pas un homme providentiel. Il ne peut être qu’un miroir de nous-même qui permet de croire en nous. C’est en cela que le discours d’Emmanuel MACRON dans une ambiguïté sans nom, est un message messianique, en adéquation avec son temps et avec le temps des outre-mer dans sa prophétie teintée de libéralisme et de réforme sociétale. Il rompt certes avec une certaine verticalité du pouvoir, avec cet adage de Sieyès inscrite dans le texte constitutionnel du 13 décembre 1799 du Consulat cher à Napoléon Bonaparte

« la confiance doit venir d’en bas et le pouvoir d’en haut».  Mais il fait partie de cette élite bourgeoise formée qui a une maîtrise, une connaissance certaine sur le monde du capital et ses circuits financiers.  De fait, la révolution ne pourra pas avoir lieu, si elle est en marche, elle ne sera qu’au ralenti pour les classes moyennes et populaires. De même, il réhabilite dans une scénographie une mise en relation horizontale avec le peuple français grâce à l’instauration d’une démocratie participative, établissant un diagnostic du pays par la participation des citoyens aux projets dans des comités locaux. Comme il l’a affirmé,  « On ne peut pas aujourd’hui construire un projet sans comprendre où le pays en est et on ne peut pas comprendre le pays à quelques-uns dans un bureau ou à quelques-uns qui se ressemblent ».

 

 

Dans sa stratégie, son culte du participatif, il prétend donner la parole aux invisibles

« redonner une voix à ceux qui n’en ont pas », « construire le visage de cette France invisible » et « essayer de reconstituer l’intérêt général» et permettre l’émergence d’une certaine égalité des chances. A cet effet, il propose un vrai changement de paradigme dans cette redéfinition symbolique des relations entre représentants et représentés. De même, cet ancien banquier veut faire « entrer la France dans le 21ème siècle » afin que « son pays redresse la tête et pour cela retrouve le fil de son histoire millénaire » dans sa machine, fabrique de l’homme moderne. L’homme moderne devra être un homme de réseaux ouvert au dialogue et sur le monde, avec le message positif qui appelle à la créativité, la mobilité et la réactivité, ceci dans un univers  qui ne cesse chaque jour de se transformer. Mais son homme moderne sera aussi déshumanisé, virtuel et uberisé, avec des conditions de travail déstructurées et déstructurants. L’homme moderne sera connecté, mobile mais perdu dans un  monde réel et humain.

 

[…] il n’est ni de droite, ni de gauche mais autant de la droite que de la gauche. 

 

Ce phénomène MACRON a eu pendant de long mois tous les caractères d’une bulle médiatique. Mais en ce début d’année 2017  il bénéficie d’un alignement exceptionnel des planètes en sa faveur. La victoire de Benoit HAMON à la primaire de la Gauche, les ennuis judiciaires de François FILLON, lui laisse une grande place au centre de l’échiquier politique. La situation lui est clairement  propice et le candidat à la Présidentielle Emmanuel MACRON continue  de ne pas  énoncer son programme politique et rappelle que « c'est une erreur de penser que le programme est le cœur » d'une campagne électorale. Car selon lui « la politique, c'est mystique, c’est un style c’est une magie ». C’est aussi un  réveil pénible après un ultime désenchantement. 

 

 

Please reload

Please reload

À lire aussi...