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LE DÉFI DE LA GAUCHE, FACE AUX HAMONISTES…

 

Dès la proclamation des résultats, Benoit Hamon a voulu se présenter comme le candidat du renouveau. « Ce soir, la gauche relève la tête », a-t-il ainsi déclaré, devant un parterre de militants rassemblés pour célébrer sa victoire. Une manière, pour le député des Yvelines, de tourner la page d’un quinquennat marqué par la déception d’une partie de l’électorat de gauche. Reste que la victoire de ce rocardien de la première heure, ouvre désormais une période de difficultés à surmonter face à des choix stratégiques potentiellement contradictoire. Son succès est en effet à la confluence d’un double électorat : un réel vote d’adhésion à l’orientation qu’il a défendue tout au long de sa campagne, mais aussi un vote de rejet de Manuel Valls. Si le premier constitue sans doute un socle pour l’ancien ministre de l’Éducation, la direction que prendra le second est d’autant plus incertaine qu’ils existent deux autres candidatures de gauche : celle d’Emmanuel Macron et celle de Jean-Luc Mélanchon. D’autre part, la question est de savoir quel va être le comportement des secteurs du Parti socialiste qui, peu ou prou, ont soutenu la politique gouvernementale depuis 2012. Annoncée de longue date, la transhumance d’un certain nombre de responsables socialistes, voire gouvernementaux, vers la candidature de Macron devrait prendre de l’ampleur. Il faut dire, qu’il incarne aujourd’hui, aux yeux d’une partie de l’électorat socialiste, le vote utile pour faire barrage à la droite et au FN. Mais quelle en sera l’ampleur ? C’est évidemment toute la question, mais la réalité de ce phénomène ne fait pas de doute et les défections affaibliront mécaniquement Benoît Hamon. « Les premiers jours de la campagne seront importants », avance Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’’Ifop. « Tout l’enjeu sera d’éviter la fuite de ténors et cadres socialistes vers Emmanuel Macron », explique-t-il. Un enjeu de synthèse d’autant plus grand qu’un sondage Kantar Sofres a confirmé l’avancé d’Emmanuel Macron. Mais à supposer que le mouvement vers Macron soit à peu près contenu, il restera un autre problème de taille pour Benoît Hamon, celui de la réalité politique des 400 candidats investis par le Parti socialiste pour les prochaines législatives. Ceux-ci sont à l’image de l’actuel groupe parlementaire et sont, pour l’écrasante majorité d’entre eux, fidèles au président François Hollande, voire à Manuel Valls. Et beaucoup n’acceptent pas de plier le genou devant un frondeur. La tentation est grande de faire payer à Benoît Hamon ce que lui et ses amis ont fait subir à l’exécutif pendant cinq ans. Désignés à l’issue d’un vote des militants, ces candidats seront une épée de Damoclès pour le nouveau candidat.  

 

 

Malgré l’exercice obligé de la « photo de famille » prise au soir de la victoire entre les deux finalistes, la tâche sera rude pour Benoît Hamon, qui s’est désormais engagé dans un délicat exercice de funambulisme : rassembler une famille socialiste divisée, tout en s’adressant à l’électorat de gauche qui rejette la politique gouvernementale. «Les socialistes se sont tellement arrangés pour se rendre insupportables les uns aux autres que ça ne va pas être faciles », note un poids lourd de la majorité. À bien des égards, cela relève de la quadrature du cercle et nécessite de maintenir en l’état bien des ambiguïtés, mais le candidat socialiste n’a guère d’autres choix. Son objectif consistera à contenir tout mouvement de la droite du PS vers Macron, tout en essayant de siphonner l’électorat de Jean-Luc Mélenchon pour progresser. Toutefois, la victoire de Benoit Hamon n’est pas une si bonne nouvelle pour le candidat d’En Marche. Face à celui qui a incarné, en fin de mandat, la critique des orientations libérales du gouvernement, Emmanuel Macron pourrait devenir le candidat du bilan. Un fardeau dont se serait bien passé l’ancien ministre de l’Économie, qui a construit sa campagne sur la rhétorique du changement et l’image du renouvellement. Mais l’issu de cette primaire aura aussi des conséquences sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon, pour qui une victoire de Manuel Valls aurait dégagé le paysage à gauche. A partir d’aujourd’hui, le candidat du PS va devoir tenter de réparer la vaisselle cassée, préciser son programme (il a déjà mis plusieurs étapes au revenu universel) et essayer de sortir de sa quatriéme position dans les sondages d’intentions de vote. 

SES IDÉES

Economie et social. Reprendre le « processus continu de réduction du temps de travail», mettre en oeuvre un « revenu universel d’existence », développer des « formes alternatives entrepreneuriat » ; créer une taxe sur les robots ; créer un grand impôt sur le revenu qui fusionne IR et CSG avec 10 tranches; créer un impôt unique sur le patrimoine qui fusionne ISF, taxe foncière, droits de mutation ; réarmer les corps de contrôles qui n’ont plus les moyens de remplir leur mission au service des citoyens et de leurs droits » (inspection du travail, DGCCRF et douanes qui protègent les consommateurs, services vétérinaires) ; maintenir des services publics de qualité sur tout le territoire, recruter dans certains secteurs : l’éducation, la santé, la petite enfance, la prise en charge de la dépendance.

 

Institution. Instaurer « une sixième République» avec une dose de proportionnelle, le non-cumul des mandats dans le temps, un mandat présidentiel unique de 7 ans  ; un Parlement avec « moins de députés » et « un Sénat qui pourrait être fusionné avec le Conseil économique, social et environnemental» dans l’objectif de « contrôler l’action de l’exécutif »  ; un référendum, le jour du second tour des législatives, pour statuer sur le droit d’initiative citoyenne (« un 49-3 citoyen »), la reconnaissance du vote blanc et le droit de vote des étrangers aux élections locales. Renforcement de la transparence de la vie politique, notamment avec l’interdiction pour un parlementaire d’embaucher un membre de sa famille et l’obligation d’avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter à une élection.

 

Société. Une loi anti-trust dans les médias et la publicité des dons supérieurs à 2.500 euros aux partis politiques ; une « police des discriminations », placée sous l’autorité directe du Premier ministre, ayant vocation à «mettre en évidence et à sanctionner toutes les discriminations, notamment à l’embauche» ; légiférer sur le cannabis.

 

Education. Etendre la réforme de l’éducation prioritaire aux lycées, recruter plusieurs dizaines de milliers d’enseignants pour augmenter le temps de formation continue des professeurs, donner la « priorité » au primaire (pas plus de 20 élèves par classe en moyenne du CP au CE2 - recruter 20.000 enseignants supplémentaires)

 

Santé. Créer une mission nationale d’accès aux soins pour lutter contre les déserts médicaux, mettre en place un grand plan national sport et santé, repenser l’organisation du travail à l’hôpital.

 

A lire : Benoît Hamon, la revanche d'un frondeur.

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