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SYLVIE GUSTAVE DIT DUFLOT, LA FORCE D'UN ENGAGEMENT

 

Rencontre d’une femme engagée, aux multiples facettes, Vice-président du Conseil Régional, Président de la Commission environnement et cadre de vie et récemment élue président du Comité de l’eau et de la biodiversité. Parlons du tout-politique et du bilan Chalus... L’après deux ans...

 

Voilà deux ans que vous faites partie de cette majorité, et l’on a un peu le sentiment de naviguer dans le flou, d’avancer à tâtons… On s’évertue à chercher le consensus pour ne pas blesser les egos, on travaille avec le Tout-Guadeloupe. Mais qu’en est-il de vos engagements ? Qu’avez-vous fait après 2 ans ? Quel est votre bilan ? Auriez-vous oublié les priorités des Guadeloupéens dont sont le chômage, l’eau, le transport et le pouvoir d’achat ? Notre équipe régionale parvient à la tête de la Collectivité régionale en décembre 2015, effectivement, deux années d’exercice du pouvoir régional. Deux années au cours desquelles, il fallut retrouver les marges budgétaires (dit de manière pus pragmatique, il fallut se serrer la ceinture) afin que nous puissions déployer le programme électoral pour lequel nous avions été élus. Une importante structuration des services régionaux a dû être également menée pour répondre aux nouveaux enjeux, aux nouvelles compétences de la collectivité et pour optimiser notre rôle d’autorité de gestion des fonds européens. De l’ancienne gouvernance régionale, rien n’avait été anticipé, et le budget électoraliste voté en 2015 mettait en difficulté la collectivité. Ainsi, de nouveaux services ont vu le jour : eau, transport, croissance bleue… et d’autres ont vu leur fonctionnement optimisé. Ces services sont donc aujourd’hui totalement opérationnels pour effectuer leurs missions. Parallèlement à ces actions, notre équipe régionale a instauré ses schémas directeurs sur l’économie, la formation, l’enseignement supérieur et l’innovation, la prévention et la gestion des déchets ménagers, tout en ayant des actions concrètes (cap des 500 mille formations, cap des 100 mille tonnes de banane, ouverture de bretelles d’accès pour désengorger la circulation, convention avec la BPI pour aider les porteurs de projets à financer leurs projets, accompagnement financier et technique des communes, aide à la réhabilitation des complexes sportifs …). Ce bilan serait incomplet, si nous n’évoquions les catastrophes naturelles auxquelles la collectivité dû faire face aux côtés de la population en cette année 2017. La gestion de crise suite aux passages des ouragans Irma et Maria a généré un investissement dans l’économie de plus de 10 millions d’euros de la part du Conseil régional. Des aides conséquentes ont été apportées aux agriculteurs, aux pêcheurs, aux entrepreneurs, aux communes ainsi qu’à la collectivité de St Martin. Les échouages massifs et récurrents des algues sargasses ont mobilisé également la collectivité aux côtés des entreprises et des communes impactées, par des aides financière et/ou technique. Des aides qui n’auraient pu être dégagées sans le tour de vis budgétaire opéré en 2016 et 2017.

 

Vos deux années de retard seraient donc dues à la mauvaise gestion de l’équipe Lurel, dont vous faisiez également partie ? Pourquoi deux années de retard ? Une nouvelle équipe qui arrive à la tête de l’exécutif régional, c’est tout à fait normal qu’elle fasse un état des lieux de l’existant. Puis-je rappeler qu’en 2015, l’équipe Lurel votait un budget avoisinant les 700 millions d’euros avec un prêt de plus de 100 millions d’euros (censés aider au développement des communes (le fameux C2DT), mais utilisés à des fins purement électoralistes) alors que le budget de routine annuel de la collectivité est un peu plus de 500 millions d’euros. Les budgets votés en 2016 puis en 2017 ont témoigné de la volonté de notre équipe régionale à recadrer la machine régionale en direction de ses missions premières (développement économique, création d’emplois, soutien à la formation,…) et non plus une machine au service de la promotion d’un homme, d’une mégalomanie. Une différence fondamentale de fonctionnement entre Victorin Lurel et Ary Chalus est que Victorin Lurel gouvernait entouré de son staff administratif et de deux ou trois élus choisis, alors qu’Ary Chalus s’appuie et délègue à ses élus des dossiers en fonction de leur domaine de compétence. Oui, j’étais dans l’équipe Lurel, mais je n’avais aucune influence sur cette équipe d’où ma prise de distance dès la fin de l’année 2014. Pas d’échange, pas de partage avec les « petits élus » (ceux qui n’étaient pas dans la sphère décisionnelle), Victorin Lurel gouvernait avec sa cour de courtisans le coupant totalement des préoccupations quotidiennes de la population. 

 

 

«Victorin Lurel gouvernait avec sa cour de courtisans le coupant totalement des préoccupations quotidiennes de la population.»

 

 

Dans votre bilan, vous mettez « la gestion de crise suite aux passages des ouragans Irma et Maria », comme s’ils étaient des phénomènes anormaux. Pourtant, nous sommes dans une région cyclonique, avec des risques sismiques, volcaniques… En clair, face à cette réalité géographique, ne serait-il pas logique pour une collectivité comme la région d’avoir un fond alloué à la gestion des catastrophes naturelles ? Le dernier ouragan majeur qui a fortement impacté notre archipel est l’ouragan Hugo, en 1989. Et depuis peu de phénomènes climatiques jusqu’à cette année 2017. Dans ce contexte de réchauffement climatique, c’est vrai qu’il paraît judicieux de prévoir un fonds de secours pour faire face à ces évènements climatiques qui risquent de devenir récurrents. Nous y réfléchissons. Mais il ne faut pas non plus oublier le contexte budgétaire défini par le nouveau gouvernement, celui d’une économie de 13 milliards d’économies dans le fonctionnement des collectivités. Là encore, il nous faudra naviguer entre mesures anticipatoires et mesures d’économie.

 

Vous dites que l’année 2018 sera une année décisive pour votre majorité, quels sont les projets majeurs que vous comptez conduire ? Nous avons travaillé d’arrache-pied à notre plan pluriannuel d’investissements et nos efforts vont s’amplifier en direction de l’eau, du transport, des déchets, et de l’emploi. Dans les mois à venir, des travaux structurants démarreront, c’est le cas de la rénovation des canalisations d’eau potable sur Capesterre, Petit-Bourg et Gourbeyre, le marché d’intérêt régional (un vieux serpent de mer qui date des années 1990 et qui se réalise enfin !), des déchetteries, le câblage en haut débit par fibres optiques des îles du sud, la mise en place du bus des mer, et la liste n’est point exhaustive. Comme vous le constatez actuellement, la politique régionale en matière de tourisme va en s’accélérant avec l’objectif d’atteindre le cap d’un million de visiteurs par an. Tous ces leviers doivent permettre la progression de l’emploi sur notre territoire.

 

On leur propose quoi à ces un millions de visiteurs ? Tout d’abord, une destination de qualité avec une biodiversité exceptionnelle, une gastronomie qui est reconnue à l’international, des événements culturels (carnaval, chanté nwèl, concerts,…) qui promeuvent notre art de vivre. C’est aussi la possibilité pour le touriste de pouvoir diversifier son séjour avec des visites sur les îles du sud. La promotion de tous ces atouts est assurée de manière efficace au national et à l’international par le Comité de tourisme des Iles de Guadeloupe (CTIG) qui est le bras opérationnel de la collectivité. Par ailleurs, la collectivité s’est lancée dans la sauvegarde des lits d’hôtels en rachetant un certain nombre d’hôtels en difficulté, et subventionne la montée en gamme de ces établissements, tout en développant des partenariats avec les compagnies aériennes pour diversifier l’offre de voyage. La collectivité l’a inscrit dans son schéma de développement économique, le secteur touristique est un puissant levier économique car 1 milliards d’euros de retombés et 1 millier d’emplois pérennes sont attendus.

 

Et qu’en est-il de la formation, qui jusqu’ici a été en totale inadéquation avec le marché de l’emploi ? Vous avez raison sur ce point, nos formations doivent être plus en adéquation avec notre projet de territoire. De manière simple, les investissements lourds que devront effectuer les collectivités portent sur la croissance verte (eau, assainissement, déchets, préservation et valorisation de la biodiversité) et bleue (tourisme, activités de pêche, d’activités nautiques,…) et nous continuons à former de manière massive au secrétariat, et à la comptabilité. Concrètement, nous avons besoin de techniciens, d’ingénieurs, de gestionnaires, de personnels formés à ces problématiques. Le schéma régional de la formation professionnelle que nous avons co-construit avec nos partenaires, porte, en son sein, cette évolution de l’offre de formation. 

 

Les Assises des Outre-mer, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, ayant pour objet de permettre aux outre-mer d’exprimer leurs volontés et de choisir leur développement ne semblent guère intéresser la population. Ne voyez-vous pas derrière ces assises un remake des États généraux de 2009, qui au final n’ont abouti en rien ? Même si les propositions concrètes des Etats généraux de 2009 ne furent pas appliquées et que la plus-value pour le territoire a été relativement faible, la politique de la chaise vide serait totalement préjudiciable à nos intérêts. Nous, territoires ultramarins, nous avons des enjeux et des prospectives de développement à faire entendre au niveau national, par conséquent, ces assises doivent être un des moyens pour faire entendre nos voix. Les conclusions qui seront formulées doivent être relayées par nos parlementaires et par les collectivités territoriales, de manière à ce que ces conclusions se traduisent formellement en projets de loi. Si nous, ultramarins, nous ne nous approprions pas ces assises et les conclusions tirées, il est fort probable que ces assises soient effectivement un « remake » des Etats généraux. 

 

 

 

 

La loi NOTRe a-t-elle réellement « changé la donne », en matière de responsabilité locale ? Peut-on alors dire que le débat sur l’évolution statutaire de la Guadeloupe n’a plus sa raison d’être ? La loi NOTRe porte une nouvelle organisation territoriale en confiant de nouvelles compétences aux régions, en les instituant chef de file du développement économique, alors que le département reste en charge des compétences de solidarité. Elle supprime la clause générale de compétences pour les régions et les départements, et renforce les intercommunalités. Cette nouvelle étape dans la décentralisation s’est faite sans évolution institutionnelle. La question reste donc posée la Guadeloupe souhaite-t-elle une évolution des collectivités majeures vers une collectivité unique et dans quel cadre institutionnel ? Voulons-nous une collectivité unique dans le cadre de l’article 73, comme c’est le cas en Martinique ou en Guyane ? Ou alors, souhaitons-nous une collectivité unique dans le cadre de l’article 74 qui offre un plus large périmètre en matière d’autonomie ? C’est aux guadeloupéens de trancher ce débat.  

 

En avril dernier, vous annonciez votre candidature aux législatives. Élection à laquelle vous obtenez que 7,84 % des suffrages exprimés. Fait surprenant, vous n’obtenez aucun soutien de la majorité régionale. Comment, expliquez-vous cela ? Pensiez-vous réellement gagner cette élection en ne misant que sur votre équation personnelle ? Il faut remettre en perspective les résultats obtenus lors des élections législatives d e juin 2017. Ce score de 7,84% est obtenu alors que les candidatures ont été pléthoriques (18 candidats au premier tour) et le taux d’abstention a atteint des niveaux record (49% au premier tour). Clairement, c’est un scrutin qui n’a pas mobilisé les électeurs. Et pourtant, il y avait matière à se mobiliser, car ce territoire du sud Basse-Terre est en grande difficulté et, subit une forte perte de sa population, en particulier, au niveau de la tranche d’âge 25 -30 ans, et le déséquilibre économique et structurel entre ce territoire et celui de CAP excellence (par exemple) s’est accéléré au cours de ces dernières années. Il y a donc urgence à réagir et à proposer de nouvelles actions politiques, une nouvelle vision politique que je voulais incarner au travers de ma candidature. La population n’a pas compris, la majorité régionale n’a pas suivi ! Qu’importe, lorsque l’on est une femme de convictions, on se tient debout derrière ses convictions. 

 

«J’ai beaucoup de rêves pour la Guadeloupe. Trop peut-être! Je rêve d’une Guadeloupe où sa jeunesse serait le fer de lance, le moteur de l’économie, par l’innovation qu’elle pourrait apporter au développement de notre archipel. »

 

Vous aviez pourtant tout pour réussir, le programme, le verbe, la méthode, vous êtes politique, technicienne. Mais qu’est-ce qui n’a pas fonctionné selon vous ? La preuve que tous ces éléments pourtant extrêmement positifs ne suffisent pas à gagner une élection (rire). Les vieux schémas politiques ont la peau coriace, des réseaux anciennement mis en place sont restés vivaces pour certains candidats, un certain conservatisme de l’électorat de la 4e circonscription qui a porté, au second tour des élections, deux des candidats les plus âgés et qui ont participé à l’action politique sans réussite de ce territoire aux cours de cette dernière décennie, et enfin le manque de soutien de ma majorité régionale, voici les ingrédients qui ont conduit à mon score aux élections législatives. 

 

N’avez-vous pas le sentiment d’avoir été dupée à nouveau ? Après la déception des socialistes lors des dernières départementales, voici celle du GUSR et de l’exécutif. Non pas du tout. À l’inverse du Parti socialiste, les termes du contrat ont toujours été très clairs avec le président de région. Il avait d’autres stratégies pour cette 4e circonscription et je ne rentrais pas dans l’équation. En ce qui concerne le GUSR, je ne suis pas adhérente à ce parti et donc aucun engagement n’avait été pris dans ce cadre. 

 

Vous qui avez travaillé au côté de Victorin Lurel, et aujourd’hui d’Ary Chalus, qu’est-ce qui selon vous oppose les deux hommes ? L’engagement et le pragmatisme. Le président, Ary Chalus, est un homme engagé à améliorer la vie quotidienne des guadeloupéens, il y met toute son énergie. Il n’est pas dans le jeu politique qui consiste à acquérir toujours plus de pouvoir au détriment de ses engagements vis-à-vis de la population. Et il est pragmatique. Travailler à ses côtés, c’est sortir de l’action politique théorique et intellectuelle (pas toujours en adéquation ave les besoins opérationnels du territoire), et de mesurer, en permanence, l’impact concret de nos décisions politiques. 

 

D’élection en élection, l’abstention et l’indécision semblent gagner du terrain et le vote FN se renforce considérablement dans nos territoires. Comment analysez-vous cette défiance de la population vis-à-vis du politique ? Le vote FN qui s’est particulièrement manifesté au cours des dernières élections présidentielles est surtout un vote contestataire. Le Guadeloupéen souffre dans son quotidien, et lorsque les élus en place n’entendent pas cette souffrance, l’électeur trouve refuge dans le vote FN. Tant que nous n’aurons pas apporté des solutions aux enjeux structurants comme la distribution de l’eau potable, la desserte en transport, la maîtrise des flux migratoires, il est vraisemblable que le vote FN continuera à flamber. 

 

Récemment, lors d’un voyage en Guyane, Emmanuel Macron, déclarait : « Je ne suis pas le Père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants »… Pourtant, l’homme politique dans sa nature agit comme tel. Il se veut chaleureux, généreux, protecteur, il promet des cadeaux, de meilleurs lendemains, de changer d’avenir… Que pensez-vous de cela et selon vous, quelle est la valeur de la parole et la promesse politique ? La parole et la promesse données en politique sont la colonne vertébrale qui charpente la femme ou l’homme politique qui les formule. Cette rigueur morale devrait être le dénominateur commun à l’ensemble de la classe politique, or ce n’est pas le cas. L’électeur devrait sanctionner cette absence de rigueur, il n’en fait rien. Plus les promesses sont irréalistes, plus les trahisons sont nombreuses, plus l’électeur continue à voter pour ces personnages jusqu’à ce que la déception prenne le pas et le détourne vers le vote extrémiste. C’est le paradoxe entre ce que l’électeur voudrait et ce qu’il met en pratique. Pour ma part, la parole donnée est ce qui structure l’honneur d’un individu, c’est parce que la parole donnée n’a pas été respectée que j’ai quitté le Parti socialiste. 

 

Que doit-on attendre du politique ? Moins de promesses et plus d’engagement, d’expertise dans ses dossiers à mener. Une vision, une planification à long terme de l’organisation du territoire.

 

Que vous inspire la notion de pouvoir ? Vous considérez-vous comme une femme de pouvoir ? Le pouvoir c’est ce que l’on en fait ! Si le pouvoir qui vous est démocratiquement conféré par l’expression des urnes, vous l’utilisez à des fins de promotions personnelles, c’est un pouvoir corrompu et dévoyé. Si en revanche, ce pouvoir vous permet de faire progresser une société, votre population, nous sommes dans l’essence même de la démocratie. Je suis une démocrate et ce pouvoir tout relatif que je peux avoir en tant que vice-présidente de région (tout petit pouvoir, (rire)), je le mets résolument au service des causes qui doivent faire avancer ma population. 

 

Présidente de la Commission environnement et cadre de vie au Conseil Régional et récemment élue présidente du Comité de l’eau et de la biodiversité, comment comptez-vous réussir là où d’autres bien avant vous semblent avoir échoué ? Quelle est votre feuille de route ? Au sein la collectivité régionale, les actions que nous menons sur l’eau, les déchets, la biodiversité et dans bien d’autres domaines s’inscrivent dans l’opérationnalité. Avec mon accession à la présidence du Comité de l’eau et de la biodiversité, nous serons dans la planification et dans l’élaboration des schémas directeurs pour la décennie qui vient. C’est la volonté du président, Ary Chalus, que la collectivité régionale puisse agir sur tous ces leviers pour faire avancer notamment le dossier sur l’eau alors que nous n’avons pas ces compétences qui restent du domaine d’exercice des communautés d’agglomération. En attendant de pouvoir progresser sur la gouvernance de l’eau, notre équipe régionale envoie des signaux forts que nous sommes résolument impliqués à trouver des solutions pour amener l’eau dans le robinet des Guadeloupéens. 

 

Depuis l’affaire Weinstein, l’hashtag #balancetonporc suscite une vague de témoignage sans précédent de femmes victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles. Que pensez-vous de ces femmes qui osent lever le voile sur un tabou mondial ? Avez-vous, vous-même été victime de ce genre de pratique ?  Est-ce une évidence de dire que toutes les femmes, au moins une fois dans leur vie, ont eu à subir des comportements ou des attouchements non désirés. Je n’échappe pas à la règle. Je voulais devenir vulcanologue, je n’ai pu entamer ces études, car l’enseignant de géologie, à l’époque, notait en fonction de la longueur de la jupe que vous portiez et si vous acceptiez de subir ses attouchements et ses fantasmes sexuels. Il n’était pas le seul, d’autres enseignants sur le Campus de Fouillole procédaient de la même manière. Entre étudiants, nous en parlions, on s’arrangeait pour ne pas rencontrer ces enseignants seuls dans les couloirs, pour ne pas rester tardivement dans les séances de travaux pratiques. Je n’en ai jamais parlé à mes parents, j’ai simplement pris la décision d’orienter mes études différemment. En tant qu’enseignante, j’ai eu moi-même à accompagner une étudiante victime de harcèlement sexuel par un professeur de médecine lors de son stage de master 1, en psychologie, à l’Université d’Aix-Marseille I. Tout le personnel médical savait, et personne n’a prévenu ou aidé cette jeune étudiante à s’en sortir alors qu’elle s’enfonçait lentement dans la dépression et les comportements suicidaires. Je suis d’accord, il ne faut plus se taire, et livrer sur la place publique ces harceleurs. Ce n’est pas une question d’homme ou de femme, c’est une question de pouvoir, car j’ai connu une professeure d’université, cheffe de laboratoire, exiger la promotion canapé à toutes ses nouvelles recrues homme. Oui, définitivement, il ne faut plus se taire…

 

Des marchés d’esclaves en Libye ? Evidemment, horrifiée par les images produites par la chaîne CNN. C’est une séquence que j’ai regardée avec mes enfants pour leur rappeler que leurs droits inaliénables ne sont jamais garantis et que c’est un combat de tous les instants. Très belle intervention de notre député Max Mathiasin à l’Assemblée nationale sur ce sujet. Son intervention et d’autres ont obligé le gouvernement à se rappeler que la France est un phare international en matière des droits de l’Homme, et qu’elle se doit de prendre l’initiative pour arrêter cette inhumanité. 

 

Enfin, de quoi rêvez-vous pour la Guadeloupe ? J’ai beaucoup de rêves pour la Guadeloupe. Trop peut-être (rire) ! Je rêve d’une Guadeloupe où sa jeunesse serait le fer de lance, le moteur de l’économie, par l’innovation qu’elle pourrait apporter au développement de notre archipel. Une Rachel Lollia, une Naomi Martino, une Paméla Obertan, une Betty Fausta sont des jeunes femmes très inspirantes et qui font évoluer notre société, notre mentalité vers ce qu’il y a de plus positifs en nous : le dépassement de soi au service d’une cause collective. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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